Enseigner le français à l’étranger : le plan d’action complet pour se lancer (inclus : 2 témoignages à télécharger)

Nouveau : comment TOUT QUITTER et partir voyager (très) longtemps ? J'explique tout ici !

Enseigner le français à l’étranger est l’une des façons les plus simples pour trouver un travail et voyager partout dans le monde en tant que francophone natif. Qui plus est, si vous êtes bon en français et que vous êtes un minimum pédagogue, c’est un métier qui vous est facilement accessible, contrairement à des métiers ‘techniques’ (ingénieurs, …), où il vous faudrait acquérir de nouvelles compétences avant de pouvoir vous lancer.

Dans cet article, je vous détaille toutes les options pour enseigner le français à l’étranger, et je vous transmets les témoignages passionnants de deux jeunes ayant sauté le pas.

Enseigner le français à l’étranger sans diplôme : possible ou pas ?

En France, on aime les diplômes. Je dirais même qu’on adore ça. Pour l’immense majorité des français, on ne peut pas exercer un métier si on n’est pas diplômé d’une quelconque manière dans le domaine en question.

Pourtant, il y a deux paramètres à prendre en compte.

> Beaucoup de pays se fichent de vos diplômes

Le premier : beaucoup de pays étrangers se fichent royalement de vos diplômes.

Les pays anglo-saxons par exemple ont tendance à privilégier les gens compétents aux gens diplômés. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible d’être l’un et l’autre en même temps, cela signifie juste qu’on peut être embauché dans un domaine où on n’a pas de diplôme particulier, mais juste où on est bon.

On peut par exemple se faire embaucher dans une entreprise de prestation audiovisuel simplement parce qu’on a créé une chaîne Youtube qui cartonne, et parce qu’on est excellent en montage vidéo.

On peut être embauché comme cuisinier, pas parce qu’on est bardé de diplômes ou de titres, mais simplement parce qu’on a prouvé être capable de préparer des plats délicieux à chaque repas.

On peut réussir à enseigner le français dans beaucoup de pays, non pas parce qu’on est titulaire du FLE ou d’un quelconque autre ‘sésame’, mais simplement parce qu’on est pédagogue, patient, et capable de faire progresser les élèves dans leur apprentissage de la langue.

En France, dans notre système et dans notre façon de penser, il est inconcevable ou presque de se faire embaucher sans détenir un diplôme dans le métier en question. Mais à l’étranger, c’est très différent. J’en reparle plus bas, mais le fait de ne pas avoir de diplôme n’est pas nécessairement un obstacle au fait de faire carrière comme enseignant de français à l’étranger.

Le diplôme est davantage perçu comme un plus, un bonus, qui peut faire une petite différence soit à compétence égale en cas de concurrence avec un autre potentiel enseignant, soit en terme de rémunération. Mais n’avoir aucun diplôme ne signifie pas l’arrêt immédiat de votre projet, au contraire : je vous donne un peu plus bas l’exemple de 2 personnes aux parcours complètement différents, qui se sont lancés sans diplômes dans l’enseignement du français à l’étranger avec succès. Cela va vous inspirer.

> Tirer parti de l’ubérisation de la société

L’autre paramètre à prendre en compte, c’est la révolution numérique. Ou l’ubérisation de la société, comme disent certains.

Le monde est en train de changer, c’est un fait.

Les organismes officiels, les écoles prestigieuses, etc, sont de plus en plus en concurrence avec les sites internet qui cassent les codes et promettent le même résultat (soit en terme de compétence acquise, soit en terme de bénéfice pour le client final). Par exemple, le petit monde de l’hôtellerie voit son univers vaciller depuis l’arrivée d’Airbnb sur le marché, transformant ainsi n’importe quel particulier lambda en hébergeur potentiel (et donc en concurrent potentiel).

De même pour Uber, qui concurrence les taxis en proposant à n’importe qui de faire du transport de personne, cassant ainsi les codes en vigueur depuis des décennies dans ce petit monde.

Je ne suis pas en train de dire que c’est bien ou mal, je ne défends ni une cause ni l’autre, je suis simplement en train de faire un constat. Le monde change, qu’on le veuille ou non. Et même si en France on reste très ancré dans nos principes, dans la défense des congrégations, la plupart des pays du monde ne réagit pas comme nous à ce changement. Au contraire, ils embrassent vigoureusement cette nouvelle façon de fonctionner, de voir le monde, et essaient d’en tirer parti autant que possible.

Et comme on parle là d’enseigner le français à l’étranger, il y a de très fortes probabilités pour que le pays étranger où vous envisagez de vous rendre pour enseigner soit dans cette optique d’ubérisation, de libéralisation de son marché.

A votre niveau, il est donc possible de tirer parti de ce changement et de pouvoir enseigner le français sans diplôme, à l’étranger, et sans difficulté particulière (à condition d’être compétent).

Avant de passer aux témoignages, je fais juste un point sur les diplômes, histoire d’être exhaustif, parce que je sais que ça intéressera certains d’entre vous.

Quel(s) diplôme(s) pour enseigner le français à l’étranger

On vient de voir qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme pour enseigner le français à l’étranger.

J’ai rencontré de nombreux profs qui ont commencé à enseigner ‘à l’arrache’, sans diplôme particulier, et qui ont passé le diplôme du FLE ensuite, pour monter en compétence, apprendre à mieux structurer leurs cours, et aussi pour valider les acquis de leur expérience en quelque chose de tangible dans l’univers français.

Si vous tenez donc à faire les choses de façon académique, il vous faut donc un diplôme en FLE (pour Français Langue Etrangère). Comment faire ? C’est ce qu’on va voir maintenant.

Attention, je préfère vous prévenir : les paragraphes suivants risquent d’être barbants. Si ça vous gave, passez directement à la partie suivante.

> S’inscrire dans une université française proposant la filière FLE

Le FLE n’est pas une filière comme les autres. Concrètement, d’ailleurs, il n’y a pas de ‘filière FLE’, avec le parcours classique : licence puis master. Le FLE se greffe dans un parcours classique de type licence de lettres, de science du langage, et de tout ce qui est à plus ou moins rapport à la langue française. En clair, le FLE est une option, pas un parcours, jusqu’à l’entrée en master.

Si vous êtes au stade où vous choisissez vos études (ou si vous avez fini vos études mais que vous êtes prêt à retourner sur les bancs de la fac), je vous invite à vous rendre sur cette page qui répertorie toutes les filières de toutes les universités françaises qui proposent de greffer une option FLE sur une licence. L’idéal c’est de vérifier s’il y a une ville proche de chez vous qui le propose, et de vous rapprocher ensuite du responsable de la formation (son mail est dispo, et avec son nom vous pourrez le joindre en passant par le numéro du secrétariat de l’université).

> Passer le FLE à distance avec le CNED

Si vous êtes déjà dans la vie active et que vous souhaitez passer votre diplôme FLE sans retourner à la fac, vous pouvez aussi vous tourner vers le CNED. L’organisme propose des formations professionnelles à distance, y compris pour l’enseignement du français en langue étrangère. Plutôt pratique si vous voulez gérer vous-même votre emploi du temps et votre rythme d’apprentissage (il y a quand même pas mal de documents à rendre, rapports, mémoires, …).

Je connais plusieurs personnes qui ont passé ou qui passent actuellement un master de FLE à distance, via le CNED. Ce sont des profs qui enseignent déjà le français à l’étranger et qui cherchent à monter en compétence et à valoriser leurs acquis.

> Suivre directement les cours de FLE de l’Alliance Française

L’Alliance Française propose, à Paris, des formations au FLE. Tout est expliqué ici.

Le gros avantage de suivre leur formation directement, c’est que vous mettez un premier pas dans le cercle de l’Alliance Française, ce qui vous facilitera énormément la tâche ensuite pour trouver un poste d’enseignant à l’étranger, puisque les Alliances Françaises du monde entier recrutent régulièrement des profs.

Pour le reste, ce n’est pas un diplôme universitaire, donc si votre objectif est d’être indépendant dans vos recherches d’emploi ensuite, ce n’est pas forcément l’option la plus indiquée.

> Pour rassurer vos (futurs) employeurs, ou si vous n’êtes pas locuteur français natif : vous pouvez aussi passer le DELF

Le DELF est la certification équivalente au TOEFL que reçoivent les étudiants étrangers en langue française à la fin de leur cursus. Si vous êtes locuteur natif, cela n’a pas beaucoup d’intérêt pour vous (aucun même), mais dans le cas où vous n’êtes pas natif, que votre français est excellent et que vous souhaitez l’enseigner, cela peut valoir le coup de passer cette certification.

Je le disais plus haut, beaucoup d’écoles de langues à l’étranger se moquent complètement si vous avez ou non le moindre diplôme de type FLE. La plupart de ces écoles veulent juste un locuteur natif pour enseigner le bon accent et le ‘vrai’ français à leurs élèves. Pour les rassurer sur votre niveau de français, votre capacité à écrire et parler correctement, vous pouvez toujours passer la certification DELF, qui valide en quelque sorte votre maîtrise du français.

Cela vous permet d’avoir tout de même un papier ‘officiel’ à remettre à l’école lors de l’entretien d’embauche, leur montrer que vous êtes investis dans votre mission, et surtout que vous maîtrisez la langue (bien qu’en théorie un français natif maîtrise sa langue, on sait très bien que ce n’est pas le cas dans la réalité : un simple tour sur Youtube ou Facebook vous démontrera l’étendue des dégâts…).

Allez voir ici et cliquez en bas sur « Les certifications DELF et DALF ».

Mais, encore une fois, rien ne vous empêche de partir à l’étranger SANS diplôme et commencer à enseigner dès maintenant.

Je vous partage dans un instant les témoignages de 2 jeunes français qui se sont lancés. Avant cela, je tiens à vous donner les endroits où vous allez pouvoir vous faire embaucher une fois à l’étranger.

Où et comment enseigner le français à l’étranger, concrètement ?

Aujourd’hui soit vous avez le master FLE en poche, soit vous ne l’avez pas. Dans les deux cas, bonne nouvelle : vous pouvez prendre un billet d’avion, partir pour pratiquement n’importe où, et vous mettre à enseigner le français.

Voici les endroits où vous allez pouvoir travailler en tant que prof de français avec des élèves étrangers.

> Enseigner via les Alliances Françaises partout dans le monde

J’en parlais un peu plus haut : l’Alliance Française donne, pratiquement dans chaque pays du monde, des cours de français aux étrangers (aux locaux, donc). Ils ont évidemment besoin de professeurs pour enseigner la langue. Et dans leur processus de recrutement, 99% du temps ils vont embaucher quelqu’un qui possède déjà le diplôme du FLE.

Si vous avez le diplôme, allez voir les offres d’emploi sur le site de l’Alliance Française. Il y a régulièrement des opportunités, en particulier à partir d’avril-mai, quand les années scolaires se terminent et que les directeurs cherchent des enseignants pour la rentrée suivante. A l’heure où j’écris ces lignes, voici les Alliance Française qui cherchent un prof de FLE :
– Dublin, Irlande
– Cuenca, Equateur
– Baranquilla, Colombie
– Shanghai, Chine
– Karachi, Pakistan
– Safi, Maroc
– Merida, Mexique.

Et il y en a encore pas mal d’autres (et de toute façon, de nouvelles offres apparaissent très fréquemment sur le site).

Si vous voulez enseigner le français à l’étranger dans un cadre très officiel, c’est via l’Alliance Française que vous allez vous épanouir. Une fois dans le réseau, c’est vraiment facile et vous allez pouvoir faire carrière en changeant régulièrement de pays, au gré des opportunités.

En revanche, si vous voulez plus de flexibilité (et surtout que vous n’avez pas de diplôme), je vous recommande plutôt de choisir l’une des options suivantes, tout aussi intéressantes, et avec l’avantage de ne pas être coincé dans la paperasse et l’administration française.

> Devenir assistant de français dans un établissement scolaire à l’étranger

Notez qu’on voit aussi fréquemment le terme ‘lecteur‘ (dans les offres d’emploi notamment).

Pour devenir assistant de français à l’étranger, deux options : repérer des annonces et postuler en ligne sur le site officiel du FLE (où vous trouverez aussi des offres pour les diplômés, comme on l’a vu dans le point précédent), ou tout simplement se mettre en relation avec les personnes chargées de la diffusion de la langue française dans le pays qui vous intéresse. L’intitulé est parfois plus subtile que ça, ça peut être ‘Conseiller pédagogique auprès des écoles locales enseignant le français’ ou quelque chose de ce genre. Quelques recherches sur internet devraient vous aider à trouver la personne compétente à l’ambassade de France du pays qui vous intéresse.

Vous pouvez aussi vous rendre sur place et postuler directement au toquant aux portes :

> Enseigner le français dans des écoles de langues privées à l’étranger

A partir de là, le diplôme commence à vraiment devenir superflu.

Bien sûr, certaines écoles de langues voudront absolument un professeur bardé de diplômes et d’expérience. Sauf que dans la réalité, il y a plein d’écoles aux 4 coins du monde qui ne peuvent pas se permettre de jouer les fines bouches et exiger un prof diplômé.

La plupart du temps, le simple fait d’être français natif suffit pour se faire embaucher.

Je vous donne l’exemple de Claire, que j’ai rencontré lors de mon long voyage dans les Balkans. Elle enseigne le français dans une petite école de langue d’un pays d’Europe de l’est. Elle n’a aucun diplôme, aucune expérience. Son seul atout : être locutrice native.

Dans ce pays, il y a plus d’élèves souhaitant apprendre le français que de professeurs capables de l’enseigner. Même sans diplôme de prof, Claire est constamment sollicitée par les écoles locales pour venir donner des cours.

L’interview complète de Claire est à découvrir ici. Elle raconte son parcours, comment elle fait pour enseigner le français à l’étranger alors qu’elle n’a pas de diplôme, quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien, … Et elle vous donne ses conseils pour faire de même ! Super inspirant !

> Donner des cours de français en tant que prof particulier à l’étranger

Là, c’est encore plus simple. J’en parlais dans mon livre ‘Offre-vous une vie de voyages‘, il vous suffit de poster quelques annonces sur le Leboncoin local, ou de déposer une annonce sur un tableau d’affichage à l’université, et vous allez vite avoir des demandes.

Vos futurs élèves ne vous demanderont jamais de posséder un diplôme : ils veulent juste que vous les aidiez à progresser. Souvent, ils vont avoir un but précis à atteindre : obtenir une bonne note à un examen, préparer une expatriation en France, acquérir un atout supplémentaire dans leur métier, ou simplement parce qu’ils aiment la France et qu’ils veulent pouvoir parler le français lors de leurs voyages chez nous.

Donner des cours particuliers est moins stressant que ce que fait Claire dans son école de langue (parce qu’au lieu d’avoir un groupe d’élèves, vous aurez juste une seule personne face à vous, c’est plus simple à gérer surtout si vous débutez).

> Enseigner le français en ligne

Au cas où vous ne vous en étiez pas encore aperçu, internet a complètement changé la façon d’apprendre une nouvelle langue. Avant, on apprenait à l’école, ou avec une méthode que l’on suivait chez soi (type Assimil). Aujourd’hui, il existe des dizaines de sites qui mettent en relations profs de langues et élèves motivés. Pour ma part, je suis en train d’apprendre le croate en suivant des cours sur la plateforme italki.

L’excellente nouvelle, c’est que le français est une des langues les plus appréciées et les plus apprises dans le monde. Il faut donc des profs pour l’enseigner. Et, avant même de se tourner vers les écoles de langues officielles (parfois pour la simple raison qu’il n’y en a pas à proximité), de nombreux apprenants se tournent vers ces plateformes en ligne. C’est moins cher, moins contraignant, plus simples, et surtout c’est personnalisé.

Enseigner le français en ligne permet d’être 100% libre de ses mouvements. Vous pouvez être le lundi à Tokyo, le mardi à Bangkok, le mercredi à Helsinki : peu importe. Tant que vous êtes connecté à internet au moment de vos leçons avec vos élèves, tout va bien.

J’ai récemment interviewé Tom, un jeune français qui enseigne le français en ligne sur italki. Il raconte son histoire et donne ses meilleurs conseils pour que vous puissiez faire de même. Son interview est à télécharger ici. Ne la manquez pas, c’est passionnant !

Ne manquez pas les témoignages des 2 jeunes profs de français à l’étranger

J’espère que tout ça vous aidera à y voir plus clair sur les possibilités d’enseigner le français à l’étranger.

Je vous encourage vraiment à découvrir les interviews de Tom et de Claire, deux jeunes français qui ont décidé de partir enseigner notre belle langue dans d’autres contrées. Ça va vous aider, vous motiver et vous montrer que c’est possible.

A bientôt sur le blog !

Jérémy.