Réussir vos photos de voyage même avec un appareil de merde : le tuto en 5 étapes

Nouveau : comment TOUT QUITTER et partir voyager (très) longtemps ? J'explique tout ici !

autoportrait-a-veloVoici un tutoriel en 5 étapes pour réussir vos photos de voyages même si vous utilisez un appareil tout moisi, comme le mien.

Car oui, j’ai un appareil photo numérique tout pourri. Vraiment. C’est le Nikon Coolpix des années 2000. Je l’ai acheté pour une centaine d’euros avant de faire mon tout premier voyage, en Norvège, en 2010 (j’en ai refait un en 2014 pour m’installer à Oslo).

Depuis, je n’ai rien acheté d’autre, et l’immense majorité des photos que je publie sur le blog sont prises avec.

Et faut bien que je vous l’avoue, cet appareil photo me sort par les yeux. Parce qu’une fois sur deux, l’image est floue. Ou mal exposée. Ou il y a du grain si l’environnement est trop sombre.

Pourtant, je suis exigeant en terme de qualité d’image. Et pour cause : j’ai bossé quelques années en télévision en tant que journaliste reporter d’images. Autrement dit, avec une caméra sur l’épaule, avec pour mission de ramener des images diffusables à la télévision. D’ailleurs si vous êtes du grand ouest ou passionné de foot, vous avez probablement déjà vu mes reportages ou entendu ma voix sur vos écrans de télé, entre 2008 et 2011.

Sans compter qu’avec un père photographe primé dans plusieurs salons internationaux (tiens j’en profite pour vous glisser un lien vers sa galerie photo d’Ecosse ici !), j’ai plutôt intérêt de ne pas publier d’images trop loupées si je ne veux pas me faire disputer lors des retrouvailles familiales 😉

Bref, voici ma problématique, et j’imagine que vous êtes probablement dans la même que moi : réussir à faire des belles photos de vos voyages avec un appareil photo très basique (voire carrément avec votre téléphone).

Voici donc ma méthode pour réussir vos images de voyages :

1. Soigner le cadrage

Si vous donnez un appareil photo haut de gamme à 80% des gens, ils feront de la merde avec. Pas parce qu’ils ne sont pas capable de l’utiliser (en tout cas pas seulement), mais avant tout parce qu’ils ne connaissent pas les règles de composition d’une image.

Voici la règle de base : il s’agit de la règle des tiers.

Imaginez que votre photo se décompose par tiers.

Vous devez positionner les éléments forts de votre photo sur ces lignes imaginaires, les lignes des tiers. Cela donne du dynamisme à l’image. Comme ici par exemple, où le personnage est sur le tiers droit de l’image et l’horizon sur le tiers supérieur :

regle-du-tiers-photo

De même, si vous voulez donner de la profondeur à votre image, faites en sorte de positionner les lignes de fuite le plus près possible de ces fameuses lignes de tiers. Regardez ici, les lignes de fuite en bleu converge vers le centre, donnant de la profondeur à l’image, et sont relativement ‘parallèles’ aux lignes de tiers en rouge :

ligne-de-fuite-photo

 

Une fois que vous maîtriserez la technique, en jouant sur la position de votre sujet sur une ligne de tiers ou une autre, vous pouvez donner un certain style à votre image, comme ici avec la skyline de Manhattan  :

regle-des-tiers-photo

Dernier truc par rapport au cadrage : respectez la bulle.

La bulle c’est quoi ? C’est simplement avoir une ligne d’horizon horizontale, et avoir les verticales… verticales.

Ca paraît con, pourtant je connais plein de gens qui prennent leurs photos de travers involontairement, et ça gâche tout. Littéralement.

L’idéal c’est d’utiliser un trépied munis d’un niveau à bulle. Mais comme on est dans un tuto pour réussir ses photos avec un appareil compact, j’imagine que vous n’allez pas vous balader avec un trépied dans votre sac. A vous d’aiguiser votre regard pour faire des photos horizontales, quitte à faire plusieurs essais (on n’a pas le problème de la pellicule, hé !).

2. Composez votre image intelligemment

Pensez à utiliser tous les plans, et notamment à donner un premier plan à votre photo pour l’enrichir.

Par exemple ici, les rochers en bas viennent ‘équilibrer’ l’effet produit par les nuages sombres en haut quasiment à la symétrique :

premier-plan-photo

L’idée c’est d’éviter de créer un déséquilibre trop grand entre différentes partie de l’image, en surchargeant un côté au détriment de l’autre, notamment.

Un autre exemple, ici, avec les pêcheurs de Lisbonne, au premier plan, qui viennent donner un peu plus de consistance à cette image qui aurait, sinon, été trop vide :

Lisbonne-1

 

3. Les portraits

Evitez les photos posées. Les bons photographes prennent les photos dans l’instant, sur des sujets en action. D’ailleurs regardez les mannequins dans les magazines : aucun n’a les deux pieds dans le même sabot en regardant bêtement l’objectif. Ils sont tous en mouvement (sous la directive du photographe, certes).

Vous allez donner beaucoup plus de spontanéité à vos portraits si vous les faîtes en étant à l’affût de la bonne image, de la bonne situation, plutôt que si vous demandez à votre modèle de prendre position. Comme vous n’êtes pas un pro et que lui n’est pas un habitué des projecteurs, votre photo risque d’être figée et pas très funkie. A la rigueur, faites lui faire un truc, tenir un objet, pointer du doigt quelque chose. Mais l’idéal c’est de le prendre dans le vif, sans qu’il ne le sache à l’avance.

Maintenant, pour les portraits de gens ‘de la rue’, c’est légèrement différent dans la mesure où ils n’ont pas demandés à être photographiés par vos soins. Perso, j’évite de prendre trop de photos de gens dans la rue, même si certains notamment en Asie ont vraiment des tronches hyper photogéniques.

Regardez ces deux petites bouilles que j’ai photographiées à Katmandou, lors de mon voyage au Népal :

portrait-enfant-en-voyage

La photo est loin d’être parfaite, le cadre n’est pas au top, il y a du parasitage (l’espèce de morceau noir en haut à droite, mais je ne peux pas le couper sans couper aussi la main de la fillette), mais j’adore leur expression pleine de vie.

Je vous recommande plutôt de ne pas leur proposer de poser pour vous, mais de déclencher et d’aller leur montrer l’image ensuite si vous le sentez (et s’ils vous ont vu). Allez y en souriant et en les remerciant. Ils seront ravis de se voir à l’écran.

Conseil important pour réussir vos portraits : globalement, faites en sorte que votre appareil photo soit au niveau du visage, afin d’éviter l’effet de plongée / contre-plongée assez désagréable.

Faites également attention à ce qu’il n’y ai pas d’objets qui ‘rentrent dans la tête’ du modèle, au risque de créer une impression bizarre. Vérifiez donc bien les arrières plans quand vous photographiez quelqu’un. Regardez cette image prise à Barcelone par un ami : non seulement je suis mal cadré (il y a beaucoup trop d’espace au dessus de moi, cf le point suivant), mais en plus il y a un palmier qui semble sortir tout droit de mon crâne, ce qui donne un effet ridicule à l’image :

photo-barcelone-palmier

Autre conseil : n’hésitez pas à utiliser le flash pour ‘déboucher’ les ombres sur les visages que vous photographiez, même en plein jour. Par exemple sur cette image de moi au Népal, j’ai demandé au photographe d’utiliser le flash de mon appareil car sans le flash j’étais en contre-jour et donc beaucoup trop sombre. La lumière est loin d’être parfaite, mais c’est une bonne illustration de ce qu’on peut obtenir en utilisant le flash si vous voulez vraiment obtenir une photo devant un paysage à contre-jour :

utiliser-flash-portrait

D’ailleurs cette photo est intéressante car elle montre une erreur que font beaucoup de photographes amateurs : laisser trop d’espace  inutile sur une image. Comme sur l’image précédente avec le palmier, regardez tout l’espace au dessus de ma tête (flèche verte). Je suis bien positionné sur le tiers droit de l’image, mais l’utilisation de la verticalité est mauvaise. Le photographe aurait dû se rapprocher de moi pour fermer l’angle, ou simplement me cadrer différemment pour que ma tête arrive à l’intersection des lignes de tiers droit et supérieurs.

Le seul endroit où vous pouvez laisser de l’espace, c’est dans la direction du regard (cf par exemple la première photo dans le point 1, où je suis positionné à droite de l’image en regardant vers la gauche).

4. Bien capter la lumière

Une belle photo est une photo qui possède une belle lumière. Les lumières tristes, plates, ternes, que l’on trouve en Picardie sous un ciel gris en hiver, c’est moche, et ça rend rien.

Pour une lumière naturelle belle, privilégiez les meilleurs moments de la journée : tôt le matin ou le soir quand le soleil se couche. C’est la teinte du lever ou du coucher de soleil qui donne une couleur bleuté ou rose-orangée à l’image, et donc qui la rend beaucoup plus intéressante et impactante. Regardez ce coucher de soleil sur l’île de Koh Tao, en Thaïlande. 100% sans retouche :

photographier-un-coucher-de-soleil

Vous allez me dire, là c’est facile puisque je photographie justement un coucher de soleil. Vous n’avez pas tort : quand vous visiterez un lieu, parfois vous devrez prendre des photos en pleine journée, avec une lumière plus plate. C’est là que votre talent de compositeur d’images rentrera en compte (jouer avec les tiers, les lignes, les premiers plans, etc).

L’autre astuce pour une bonne lumière, c’est de déclencher quand la météo s’y prête, avec un ciel chargé ou changeant, comme sur la photo ci-dessous prise dans le sud de l’Irlande. Mais là encore, il vous faudra être à l’affût et dégainer rapidement votre appareil, car une belle lumière peut vite disparaître :

photo-lumiere-rasante

J’adore cette teinte légèrement jaune-orangée que prend la nature quand la fin d’après-midi arrive et que le soleil commence à décliner.

Sinon, j’en parlais pour la partie sur les portraits, n’hésitez pas à utiliser le flash même en plein jour pour éclairer certaines zones qui pourraient être sombre suivant l’angle de votre prise de vue.

Enfin, soyez attentif à bien exposer votre image, aussi bien le ciel que les paysages ou les gens. Si votre ciel devient tout blanc, votre image est ratée. A l’inverse, si les trognes de vos potes sont toutes sombres, c’est pareil.

La plupart des compacts ne permettent pas de régler l’exposition manuellement, mais il existe une technique de fourbe pour s’en sortir : faites votre exposition sur un élément spécial, par exemple le ciel, en maintenant une légère pression sur le déclencheur mais SANS prendre la photo. Revenez ensuite à votre cadre, et déclenchez la photo sans relâcher la pression. L’appareil aura mémorisé l’exposition de départ et l’aura appliqué sur le cadre voulu. Ça marche niquel !

5. La post-production et les retouches

Recadrez vos images en respectant la règle des tiers évoquée au début de cet article. Il suffit parfois d’un petit recadrage pour donner un tout autre impact à votre image.

Vous pouvez jouer avec les contrastes et la luminosité pour rendre votre photo plus percutante également. Avec mon appareil pourri, ce que je fais quasi-systématiquement c’est d’augmenter le contraste tout en baissant légèrement la luminosité (il a tendance à surexposer légèrement les images). A vous de voir en fonction de vos images et du rendu que vous aimez.

En général je m’arrête là pour la retouche. De toute façon, 95% du boulot se fait à la prise de vue. La post-prod ne fait pas de miracle, elle peut vous permettre de transformer une photo moyenne en bonne, mais rarement de sauver un ratage total.

Dernier petit truc : j’aime bien rajouter un cadre à l’image, avant de la mettre en ligne. Mais c’est plus pour l’esthétisme du blog que de la photo.

Téléchargez le guide complet pour réussir vos photos de voyage :

Pour aller plus loin et réussir vos photos avec un VRAI appareil photo de qualité, je vous conseille de suivre les conseils du photo-journaliste Frédéric Marie. Tous ses conseils sont ici : cliquez ici pour voir.

Jérémy.