Se faire couper les cheveux à l’étranger : mon expérience suédoise

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J'ai oublié de prendre une photo du mien, alors voici un frisör au hasard à Malmö.

Quand on voyage sur des longues durées, il y a forcément un moment où la réalité nous rattrape, et où ce qui nous semblait naturel dans notre ville / pays d’origine, devient une mission à haut risque.

Se faire couper les cheveux à l’étranger en fait partie. Du moins, pour qui tient un minimum à son élégance capillaire (et même si je n’ai plus beaucoup de poils sur le caillou, je tiens à ceux qui me restent !).

Un mois et demi après mon arrivée en Suède, la longueur du peu de cheveux garnissant mon crâne chauve a atteint la limite du tolérable. Je me mets donc à la recherche d’un coiffeur, la mort dans l’âme.

C’est avec une pensée émue pour Caroline, à qui je n’avais pas fait d’infidélité depuis plus de 10 ans, que je franchis le seuil du « frisör » (prononcez friseur) où je suis attendu en fin de matinée.

J’ai oublié de prendre une photo du mien, alors voici un frisör au hasard à Malmö.

Quand j’étais venu prendre rendez-vous quelques jours plus tôt, c’est un homme élégant, à l’allure efféminée – gage de qualité s’il en est chez les coiffeurs – me rappelant vaguement l’un des coupeurs de tiffs de mon enfance, qui m’avait accueilli.

Cette fois, c’est une petite blonde toute ronde, les 18 bougies à peine soufflées, qui me reçoit avec un minishort en jean et un anglais plus qu’approximatif.

Comprendre et se faire comprendre

J’ai du mal à lui expliquer ce que je veux. Elle a du mal à comprendre mes explications. Elle mime ce qu’elle veut faire de mes poils, je lui fais comprendre qu’elle a toute ma confiance : alea jacta est. Après tout, au pire ça repousse, me dis-je pour me rassurer.

Première chose qui me surprend : pas de shampoing. Pas même de bac à shampoing. Elle attaque direct, bille en tête, mon crâne encore embrumé par le sommeil d’une nuit trop courte.

Je redoute son premier coup de ciseau comme je craignais la roulotte du dentiste quand j’étais petit (j’ai dit, quand j’étais petit, j’ai plus peur maintenant, hé, ho !). Elle attrape mes cheveux. L’espace d’un instant, je suis prêt à me lever et courir. Tchak. Trop tard, le couperet est tombé, je ne peux plus faire marche arrière.

Tchak, tchak.

Elle enchaîne vite. J’aurais pu la croire expérimentée si elle n’avait pas fait tombé deux fois le peigne en tentant je ne sais quelle combinaison bizarre entre ses doigts et les ciseaux, tout en prenant appuie sur mon crâne avec le plat de sa main.

J’ai peur.

Et comme mes lunettes sont posées sur le receptacle devant moi, je n’ai pas l’évolution en live de ma nouvelle coupe.

« You like ? »

Ecoute, comment te dire.

« A bit shorter please ? »

Je l’ai vexée. Ses coups de ciseaux et son empoigne étaient, jusqu’alors, plutôt doux et agréables, là, elle a décidé de passer la vitesse supérieure. Et vas-y que je te retourne le crane dans tous les sens sans prendre de gants.

Son oeuvre terminée, elle ne me pose pas la question et se contente de me montrer le résultat dans le miroir qu’elle agite derrière ma tête.

« Good !« , fis-je avec un sourire que je veux chaleureux.

« 290 SEK, please« . Mon sourire disparaît. C’est vrai que je n’ai pas vérifié les prix avant de venir, mais purée, à ce prix là en France j’ai le shampoing, la coloration, le flacon de gel et le numéro de la coiffeuse !

Bon grè mal grè, j’insère ma CB dans le mange-carte en calculant combien de pots de Nutella je vais devoir renoncer à acheter pour rééquilibrer mon budget.

Je salue mon bourreau aux yeux tendres et je sors.

Il fait beau et j’ai la journée devant moi.

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