En Thaïlande, on t’arnaque avec le sourire (+ 7 pièges fréquemment tendus aux touristes) :

Nouveau : comment TOUT QUITTER et partir voyager (très) longtemps ? J'explique tout ici !

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Depuis des années, j’entends des voyageurs raconter leurs périples en Thaïlande en vantant ce pays comme s’ils l’avaient construit eux-mêmes. Des paysages magnifiques, une cuisine exquise, et… des gens souriants et adorables !

C’est ce dernier point que je vais développer dans cet article : le fameux sourire des thaïlandais. Sont-ils fiables ? Dans quelle mesure peut-on leur faire confiance ? Quelles sont les arnaques fréquentes en Thaïlande ? Quelles sont les pièges à éviter quand on est touriste ? Voici mon opinion et mes expériences :

On m’a tellement vanté le pays du sourire que mes attentes étaient, je dois bien le confesser, assez hautes. En réalité, les thaïs ne sont ni plus ni moins souriants que les autres peuples que j’ai pu croiser jusqu’à présent.

En revanche, ils ont bien compris un truc : le touriste occidental a de l’argent. Et ils comptent bien en profiter au maximum, parfois jusqu’en vous arnaquant littéralement la tronche (j’en reparle plus bas dans cet article). Mais avant, je voudrais revenir sur un détail qui m’a particulièrement choqué : l’impossibilité de créer une relation autre que commerciale avec un thaï.

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Des rabatteurs sur Kao San Road, à Bangkok. Malheureusement, ils ne sont pas tous aussi facilement identifiables que ceux là…

L’impossibilité de créer une relation autre que commerciale avec les locaux :

D’abord, la raison principale c’est qu’en tant que touriste, on va dans les hôtels, les restaurants ou les SPA. Donc forcément, à la base on ne rencontre que des locaux qui sont là pour vendre un truc.

Mais le problème, c’est qu’en Thaïlande, tout le monde a un truc à vous vendre. Vous ne vous en rendez pas forcément compte dès le début de l’interaction, mais tôt ou tard ça vient : « viens visiter tel monument« , « monte dans mon tuk-tuk« , « je te fais un costume pas cher« , j’en passe et des meilleures.

Exemple pas plus tard qu’hier :

En arrivant sur l’île de Koh Samui, après avoir échappé à la horde de chauffeurs de taxis venus aborder les touristes au débarcadère, je me promène dans les rues de la ville en flânant. Une dame vient me parler en me demandant si je suis perdu (et effectivement je ne savais pas où j’étais). Je lui explique que je cherche un hébergement pour la nuit mais que je n’ai pas de carte de l’île et que je ne sais pas trop où aller. Elle me dit qu’elle peut me donner une carte à une condition… : que je loue un scooter dans sa boutique !

J’ai trouvé ça déplorable et pathétique.

Au Canada, les gens qui viennent t’aborder dans la rue pour te demander si tu es perdu sont prêts à marcher 10 minutes avec toi pour te remettre dans le droit chemin. Et ils ne demandent rien en retour, ils sont juste heureux de rendre service.

En Lettonie, pays où le coût de la vie et les salaires des locaux sont comparables avec la Thaïlande, un type adorable a parcouru plus de 100 km en voiture pour me montrer sa région. Il n’a rien demandé en retour. Il était juste HEUREUX de me faire découvrir son pays.

En Thaïlande, de mon expérience, un truc pareil est impossible. Chaque local veut profiter au maximum du touriste occidental en lui pressant le portefeuille jusqu’à la dernière pièce…

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Alors que je buvais une bière tranquillement sur Kao San Road, ce petit gamin est venu faire une ‘bataille de pouce’. J’ai trouvé ça mignon jusqu’à ce qu’il essaie de m’arracher ma sacoche, que je portais heureusement en bandoulière. Pour me venger, je lui ai mis mon flash dans la figure. Voila le résultat.

Un comportement détestable avec les touristes :

En Thaïlande, tous les 50 mètres tu tombes soit sur un rabatteur (en gros, un type qui touche une commission à chaque fois qu’il t’amène dans la boutique de son choix), soit sur un vendeur de rue.

Et leur comportement avec les touristes est bien rôdé. Ils t’abordent avec le sourire et un gros « hello !« . Comme nous sommes des gens polis et bien éduqués, on répond « hello » à notre tour, et… c’est parti : le gars s’embarque dans un speech de 10 minutes pour te vendre la Tour Eiffel.

T’as beau continuer de marcher, lui dire que t’es pas intéressé, que t’as pas besoin de son costume, de son tuk-tuk, ou de son laser vert fluo, il te file le train sur 200 mètres… jusqu’à ce qu’un autre prenne le relais.

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Kao San Road et ses milliers de rabatteurs : une rue insupportable !

En soit, c’est pas forcément très grave car si tu n’achètes rien, tu ne perds rien sinon tes nerfs. En revanche, c’est extrêmement lourd. Et le problème c’est que ce genre de type te rend parano et méfiant. Dès que quelqu’un t’aborde, tu fermes les écoutilles et tu continues d’avancer. Même si c’était quelqu’un de sympa qui n’a rien à te vendre.

Tiens par exemple, hier j’étais sur un spot assez touristique sur Koh Samui, pour admirer un point de vue sur l’ensemble de l’île. Une petite femme thaï vient me voir en me demandant si j’ai quelques secondes à lui accorder. Ma première réaction : ne pas répondre et faire quelques pas pour l’éviter. Elle insiste et me montre une feuille de papier. Je comprends qu’il s’agit d’un sondage pour les touristes. Je lui demande deux fois « vous avez quelque chose à vendre ou pas ?« . Elle me répond non. Je ne la crois pas, mais encore une fois, par gentillesse et politesse, je me décide à répondre à son sondage. Et effectivement, il n’y avait rien à vendre (ô miracle), juste une enquête pour connaître un peu le profil des touristes venus sur l’île.

Le comportement ultra-agressif auquel on est perpétuellement soumis de la part des rabatteurs rend même la tâche plus compliquée à leurs compatriotes qui veulent simplement faire leur boulot. C’est un comble !

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Les rabatteurs sont aussi parfois des rabatteuses… Messieurs, prudence !

Sur le coup, je m’en suis voulu de ma méfiance et ma paranoïa. Mais c’est leur faute : si on ne me considérait pas continuellement comme un porte-monnaie sur pattes, je serais probablement plus ouvert aux locaux venus proposer des trucs.

Bref, si vous la bouclez, que vous refusez systématiquement de rentrer dans leur jeu, et que vous tracez votre route, il ne vous arrivera rien au portefeuille. Mais méfiance, car ils ont d’autres tours dans leur sac :

7 arnaques courantes en Thaïlande :

Les arnaques au tailleur de costume :

Un de mes premiers jours à Bangkok. J’ai rendez-vous avec des blogueurs français partenaires de Roadcalls, qui se trouvent dans le coin en ce moment. On se retrouve à 19h. Il est 18h30 et je suis à quelques kilomètres du point de rencontre.

Suite à une succession de mecs venus me parler, je me retrouve dans un tuk-tuk à lui indiquer la direction du point de rendez-vous. Le bonhomme me dit que sur le chemin, il faut absolument que j’aille voir « Big Buddha« . Je regarde ma carte : c’est pas loin, c’est sur la route, et la dernière fois que j’ai croisé Boudha, c’était un chouette type, alors je dis ok. Il m’y emmène, je prends 2/3 photos et remonte dans la charrette.

Là il me sort : « je t’emmène voir un autre truc, très beau, très beau« . Je lui explique que j’ai pas le temps, que je dois être à 5 km de là dans 15 min. Je sens qu’il se vexe un peu mais après tout, c’est moi qui paie alors j’ai encore, me semble-t-il, le droit de choisir là où je veux être emmené.

On reprend la route. Cent mètres plus loin, le bonhomme se retourne et me dit « j’ai plus d’essence, je dois en remettre ». Intérieurement, je pense très fort : « gros boulet, tu pouvais pas prévoir ?!« . Il me dit « 5 minutes, 5 minutes ». Ok, je serai en retard de toute façon, alors 5 minutes de plus ou de moins, tant pis. J’envoie un message aux blogueurs pour les prévenir que je ne serais pas à l’heure pour cause de tuk-tuk récalcitrant.

On avance bien. Puis, à un moment donné, le chauffeur quitte le boulevard principal pour des petites ruelles. Il connait des raccourcis ou bien… ?

On s’arrête devant un tailleur de costumes. Bah tiens. Le chauffeur « go look inside, costume pas cher« . Un gros mec sort de la boutique, bien habillé. Il me force la main pour rentrer voir ses fringues.

J’ai chaud, les moustiques me bouffent les mollets et je suis en retard à mon rendez-vous. Je ne descends pas du tuk-tuk et l’envoie promener poliment mais fermement. Il a dû voir sur ma tronche qu’il ne fallait pas trop pousser le bouchon car, étonnamment, il n’est pas revenu à la charge. J’insiste pour que le tuk-tuk me dépose là où j’ai demandé, mais il refuse tant que je ne vais pas voir l’intérieur de la boutique.

Énervé, je sors de son machin, lui donne ses 60 bahts pour la course et m’en vais attraper un taxi un peu plus loin.

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Le tuk-tuk en question… !

Les fausses fermetures de temples :

Dans le même genre que l’arnaque précédente, et qui arrive 10 fois par jour à Bangkok.

Tu passes devant un temple, y’a 10 personnes à l’extérieur qui te disent en rigolant « non c’est fermé tu peux pas rentrer« .

Là tu commences à discuter avec eux (bah oui ils ont l’air sympa, ils sourient !). De fil en aiguille ils te proposent d’aller voir un autre temple qui lui est encore ouvert. Et là tu captes que c’est la mafia des chauffeurs de tuk-tuk qui veulent absolument te refourguer une course (probablement pour t’emmener chez le tailleur, d’ailleurs).

J’ai failli manquer plusieurs temples à cause de leur comportement : si un local me dit qu’un temple est fermé (surtout que je fais mes visites en fin d’après-midi pour éviter les grosses chaleurs), j’ai tendance à le croire, tout naïf que je suis. 

Bref, moralité : ne jamais écouter ni les chauffeurs de tuk-tuk, ni les gens qui vous abordent dans la rue. Encore moins quand ils ont l’air sympa. Ils en veulent à votre portefeuille, c’est tout.

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C’était pas fermé, et c’était même très joli !

Les arnaques continuelles sur les prix :

C’est probablement ce qui m’agace le plus. Les tuk-tuks, une fois que tu sais qu’ils ne sont pas là pour t’emmener quelque part mais pour te soutirer un maximum d’argent, tu peux les éviter relativement facilement.

Par contre, les arnaques continuelles et perpétuelles sur les prix, c’est insupportable.

Exemples : de mon logement à Bangkok au quartier de Kao San Road (la rue principale ‘backpackers’ de Bangkok), j’ai payé 60 bahts en taxi à l’aller, avec prix ‘compteur’. Au retour, les taxis refusent de mettre le compteur et demandent systématiquement 400 bahts (env 10€).

La parade : en faisant 200 mètres à pieds pour sortir du quartier à touristes, j’ai trouvé un taxi qui m’a emmené avec le compteur pour le prix régulier.

Quand je vous dis qu’ils nous prennent pour des vaches à lait !

Prix local, prix touriste :

Une autre spécialité locale, c’est de faire des prix pour les locaux et pour les touristes. Sur le principe, je ne suis pas forcément contre : intrinsèquement on a plus d’argent qu’eux (même si en terme de pouvoir d’achat c’est différent, étant donné que les prix en France sont 10 fois ceux de la Thaïlande).

Exemple : il y a quelques jours, je monte dans une espèce de camionnette qui fait le tour de l’île. Une femme thaï, qui vu son apparence a l’air de vivre très confortablement, monte au même endroit que moi. On fait une dizaine de kilomètres, et elle descend en même temps que moi. J’ai payé 80 bahts la course, elle en a payé 30.

Encore une fois, je ne suis pas contre le fait de payer plus cher, mais de là à ce que ce soit 3 fois le prix normal, c’est abusé.

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Les factures truquées :

Autre arnaque sur les prix : les factures truquées.

Explications : ce matin j’ai laissé des plumes sur mon hébergement à Koh Samui. Je visite des bungalows, j’en trouve un relativement clean et au bord de l’eau. Je négocie le prix avec le mec, on est d’accord sur 600 bahts la nuit (15€). Je réserve pour 3 nuits. Il me dit de prendre mon temps et devenir faire le check-in dans quelques minutes, une fois les affaires posées. Je me dis, cool le mec, ça fait plaisir !

Délesté de mon sac, j’arrive au comptoir. Il a préparé la note : 2600 bahts, dont 500 de caution pour les clés. Je paie, et je file profiter de la plage.

Ce matin, en voulant rajouter une nuit de plus, je me rends compte que ça colle pas. 2600 – 500 = 2100 bahts. Or, 3 nuits x 600 bahts = 1800.

Et oui, le petit bonhomme s’est dit que rajouter 300 bahts passerait comme une lettre à la poste (et effectivement ce fût le cas). Bon c’est aussi ma faute, j’aurais dû être vigilant.

Résultat, c’est quand même 7,50€ de perdus. Soit mon budget bouffe sur une journée.

Et d’autres, et d’autres, et d’autres…

Des anecdotes dans le genre, j’en ai à la pelle.

Leur grande spécialité aussi c’est de ne pas rendre la bonne monnaie (toujours, toujours recompter la monnaie qu’on vous rend !).

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Un autre truc qui m’est arrivé plusieurs fois aussi, c’est d’être pris au piège dans la fameuse ‘technique d’engagement’. On m’annonce un prix (genre pour une boisson ou quoi), par exemple 25 bahts, je dis ‘ok je prends‘, et là on me dit ‘oh sorry, c’est 30 en fait, désolé mon anglais est pas bon’. Comme j’ai déjà dit oui, il est difficile de se déjuger (surtout pour une somme aussi insignifiante).

[note]Le problème ce n’est pas la perte d’argent, c’est le sentiment désagréable ressenti après s’être fait arnaquer. Le « il m’a vraiment pris pour un con » fait plus mal à l’égo qu’au portefeuille.[/note]

D’ailleurs ce qui me gêne, ce n’est pas tant de me faire arnaquer un euro par-ci par-là (même si j’ai un budget serré et qu’à force de se faire arnaquer de quelques pièces à chaque fois, ça finit par creuser le portefeuille), c’est l’action en tant quelle qui me pose problème.

Le fait d’être littéralement pris pour un pigeon à plumer, un porte-monnaie sur pattes. Et je déteste ce sentiment là.

En Thaïlande, le touriste occidental est un pigeon à plumer :

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Ça, c’est toi en Thaïlande ! Ouai… !

Dans la vie, je considère que les êtres humains, tous autant qu’ils sont, doivent être mis sur un pied d’égalité. Tous, sans exception dans un sens comme dans l’autre. Sans distinction de couleur de peau, de religion, de préférence sexuelle ou de quoi que ce soit.

C’est comme ça que je vis ma vie depuis 26 ans, et c’est comme ça que je continuerai de la vivre : je traite chaque être humain comme mon égal. Et j’attends la même chose en retour.

Le problème, c’est qu’en Thaïlande (et c’est le cas dans tous les pays où le tourisme est la ressource principale) ça marche autrement : le touriste occidental est un pigeon à plumer. A partir du moment où il y a relation commerciale (et c’est le cas 99% du temps), ils n’ont aucun respect pour nous en tant qu’individus, et aucun scrupule à nous arnaquer avec le sourire.

Vous allez peut-être trouver cela choquant, mais je considère ça comme une forme de racisme. « Tu es occidental, donc tu es riche, donc je t’arnaque avec le sourire« .

La Thaïlande est un beau pays : les paysages sont paradisiaques, la nourriture délicieuse, et les gens ont un sourire jusqu’aux oreilles… C’est pour mieux t’arnaquer, mon enfant.

Pour éviter de vous faire plumer, je vous recommande de découvrir les 110 arnaques les + courantes en voyages, recensées par mon confrère blogueur Fabrice Dubesset (c’est ici).

[note]NOTE IMPORTANTE : oui je suis très critique vis à vis de la Thaïlande dans cet article. Mais je tiens à préciser que j’ai aussi (et heureusement), rencontré des gens formidables dans ce pays. Et que globalement j’y ai passé un très bon séjour. J’en parlerai prochainement sur le blog. Stay tuned 🙂 [/note]