Mon voyage à Skopje : le bilan de mon séjour et mes conseils pour réussir le votre

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J’ai posé mes valises à Skopje, petite capitale de la non moins petite Macédoine, il y a tout juste une semaine. J’ai eu le temps de la découvrir, de sentir l’atmosphère qui s’en dégage, et me faire ma première opinion à son sujet. Alors que je m’apprête à embarquer pour Ohrid, la seconde étape de mon périple macédonien, je tenais à vous partager mes impressions, mes ressentis et mes conseils pour votre séjour à Skopje. En vrac, ci-dessous.

Une ville en pleine (re)construction, et encore loin des standards mondialisés

La première chose qui m’a frappé, c’est le non ultra-modernisme de Skopje. A première vue, pas de Mac Do, pas de Starbucks, rien de tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l’impérialisme américain occidental. Quel bonheur ! Déjà, en sortant de l’aéroport, j’ai été surpris de voir devant moi, au-delà du petit parking pour les voitures (on dirait vraiment le parking d’une petite gare de province, c’est étonnant), de la verdure. Pas d’hôtels ni de centres commerciaux. Juste de la nature. Pareil sur les premiers kilomètres avant d’arriver aux faubourgs de la ville, où là on découvre quelques vieilles bâtisses dégueulasses héritées du communisme. La pauvreté du pays m’a alors sauté au visage.

En revanche, le centre ville est un chantier permanent.

travaux skopje

Tous les bâtiments sont bardés d’échafaudages, les grues sont omniprésentes dans le paysage urbain. A part sur quelques monuments gouvernementaux aux bords du fleuve, dur d’apprécier l’architecture.

Monument Skopje

La ville de Skopje a lancé en 2011 un grand projet de modernisation de son centre-ville (le projet « Skopje 2014 », qui, visiblement ne s’est pas terminé en 2014 puisque j’écris ces lignes en septembre 2016), et ça se voit. Des grandes statues ont été érigées, des fontaines plus grandioses les unes que les autres sont sorties de terre.

centre ville de skopje

Skopje est clairement une ville à deux vitesses : l’hyper restructuration du centre contraste avec le délabrement des zones périphériques où on se croirait dans certains coins de Thaïlande, y compris les trottoirs défoncés et les centres commerciaux de 3 étages au milieu de semi-bidonvilles. On verra ce que ça donne dans une petite dizaine d’années, quand la restauration sera terminée et que chaque pièce du puzzle sera en place.

pauvreté skopje

Une belle surprise : le quartier ottoman

La belle surprise réside dans le quartier du Vieux Bazaar. C’est pavé, tortueux comme j’aime, on s’y perd facilement.

vieux bazaar skopje

A chaque coin de rue, une odeur de l’orient, des cafés turques, des échoppes colorées, des barbiers qui travaillent au coupe-choux, des papis qui disputent une partie d’échecs. On imagine vite la vie comme elle pouvait l’être il y a quelques dizaines d’années dans un Skopje déjà multiculturel, au croisement de l’orient et de l’occident.

Dès que l’on s’éloigne du pur centre-ville, l’intérêt s’estompe (en tout cas le mien). Je préfère le bordel du Bazaar ou même le clinquant des quartiers rénovés, aux carrés de béton construits par les communistes. C’est régulier, monocorde, et un brin déprimant. Surtout sous la pluie.

Mon guide des choses à voir et à faire à Skopje se trouve ici.

Et les macédoniens, alors ?

Ma première déception en Macédoine concerne les gens. Alors, j’y vais avec des pincettes dans mon analyse car je n’ai vu que la capitale au moment où j’écris ces lignes, et je suis bien placé pour savoir que dans beaucoup de pays, le comportement d’une population peut être très variable d’une ville à l’autre.

rue macedoine

Ceci étant dit, on ne peut pas dire que le touriste soit bien reçu en Macédoine. La palme revient aux restaurants. Dans le premier où j’ai mangé, le serveur était désagréablement mielleux tout en étant expéditif. J’avais l’impression qu’il se foutait de ma gueule en surjouant son rôle. Le second, c’était dans un resto-kebab soit-disant réputé (il m’a été recommandé par mon hôte qui le décrivait comme l’un des meilleurs du monde…). Accueil déplorable : je demande le menu, le mec me dit « pas de menu, juste du kebab », pour finir par me jeter un menu au visage (avec, pour le coup, autre chose que du kebab, je pense que le bonhomme avait pas envie de se fouler). A part une exception dans un restaurant italien où je suis tombé sur une serveuse adorable, j’ai systématiquement été mal reçu partout où je suis passé. Pourtant, je fais toujours l’effort de dire bonjour dans leur langue, de sourire, mais ça ne porte pas ses fruits, visiblement.

D’une manière générale, les gens sont très peu polis. On ne nous rend jamais nos sourires, nos bonjours ou nos mercis. Je ne sais pas si c’est une sorte de froideur de façade, comme j’ai pu la constater ailleurs dans le monde, et qu’en creusant un peu on trouverait des gens adorables, mais pour le moment les contacts humains sont franchement désagréables. En essayant de discuter gentiment avec la boulangère, ma copine s’est même fait mettre dehors avec des gestes équivoques. Charmant.

On verra si cette mauvaise impression persiste ailleurs que dans la capitale, mais moi qui voyage entre autre pour le plaisir des relations humaines, je suis sacrément déçu. Il ne me semble trouver aucune joie de vivre, du moins en apparence, dans ce peuple. Tout le monde est très sérieux, très dur, très fermé. Peu de fantaisie, ni dans les choix vestimentaires, ni dans les coupes de cheveux, ni rien. Probablement des stigmates du communisme. Toujours est-il que quand j’ai croisé 3 américains qui riaient à gorges déployées au détour d’un sentier dans le Canyon Matka, ça m’a fait tilt : au moins, à l’ouest, on a la joie de vivre.

J’ai testé la nourriture locale :

Un de mes petits plaisirs en voyage, c’est de goûter les spécialités culinaires locales. Avec un bémol tout de même dès qu’il s’agit de cuisine de la mer, ou de trucs vraiment trop exotiques (vous me verrez jamais tester les sauterelles cuites qu’on nous propose en Asie par exemple).

tavche-gravche

J’aime la bonne cuisine et je suis assez ouvert sur mes goûts, avec une préférence pour la nourriture épicée (indienne, thaï, …). Pour le moment, ce que j’ai goûté en Macédoine est assez limité : du kebab et de la bête salade. Le plat national, le tavche gravche, est une sorte de haricots blancs marinés dans de la sauce. Plutôt bon, je le reconnais, mais rien de très salivant. J’ai aussi goûté à un plat de poulet et champignons dans une gamelle de crème et de fromage, ça pour le coup j’ai bien aimé (je suis pas normand pour rien).

plat-macedonien-typique

Ceci dit, je dois avouer que je m’attendais à une cuisine plus méditerranéenne, avec de l’huile d’olive, et surtout à quelque chose de plus fin et subtil. La bonne nouvelle c’est que rien ne coûte cher ici, et qu’on peut se faire plaisir avec trois fois rien, j’en reparle dans le paragraphe ci-dessous.

Mon budget voyage à Skopje : un coût de la vie dérisoire

Si vous voyagez avec un petit budget, alors vous allez adorer Skopje (et toute la Macédoine). Jusqu’à présent, c’est certainement le pays d’Europe le moins cher où je me suis rendu. Je vous donne une idée de mon budget :

grand appartement moderne avec chambre – salon – cuisine – salle de bain, sur la rue piétonne principale de la ville (Macedonia Street), à 500m de la place centrale : 189€ seulement pour une semaine complète ! (loué sur Airbnb – j’en profite pour vous filer mon lien de parrainage qui vous donne 30€ de réduction sur votre prochain voyage : c’est ici).

– repas simple pour 2 personnes dans un restaurant touristique du centre-ville (2 salades + une bouteille d’eau minérale) : 4€.

– repas au kebab « réputé » dans ce même quartier touristique, toujours pour 2 personnes : 1 kebab « 5 portions », 1 salade, 2 sodas : 6€.

repas dans un resto chic, à l’occidental, en se faisant plaisir : 15€ pour deux personnes.

– 2 jours de course pour deux personnes (fruits et légumes principalement) dans une supérette « haut de gamme » à côté de l’appartement : 3€ (!!).

– navette en bus entre l’aéroport et le centre ville (environ 20km à vue de pif): 3€.

– un ticket de bus « citadin » pour aller au Canyon Matka : 0,65€.

– un ticket de bus interville pour aller au Lac d’Ohrid : 7€.

En clair, pas de panique : si vous avez vraiment un petit budget, vous pouvez passer un séjour à Skopje avec une enveloppe de 10€ par jour sans aucune difficulté (logement + nourriture), tant que vous restez dans le basique ou le moyen de gamme. Si vous avez une fortune à dépenser, vous trouverez bien le moyen de le faire (mais dans ce cas, je me demande ce que vous faites sur cet article, héhé).

Danger et enquiquinements à Skopje :

Si vous craignez de voyager en Macédoine, pas de panique : Skopje est une destination tout à fait sûre. Le taux de criminalité est proche du néant, vous n’aurez pas d’emmerdes.

Il y a simplement deux trucs à prendre en compte : d’abord la présence de roms en relativement grand nombre. La Macédoine est le pays d’Europe qui accueille le plus de roms, en proportion de sa population. Et une bonne partie d’entre eux se trouve à Skopje. Toutefois, ils sont moins insistants qu’à Paris. Gardez un oeil sur vos affaires quand vous voyez un troupeau de gamins roms s’approcher de vous, et évitez de sortir aux yeux de tous des liasses de billets qui représentent 3 mois de salaire local. Et tout ira bien : vous pouvez sortir seul le soir, même si vous êtes une femme. A part quelques regards lourds dans le quartier turc du Vieux Bazaar, aucun soucis.

Le second point que je souhaitais mentionner, c’est le risque sismique. Aujourd’hui, j’ai senti deux grosses secousses. La première m’a tiré du lit à 7h du matin avec une putain de frayeur en sentant l’immeuble vibrer dans tous les sens. La seconde, dans l’après-midi alors que je me promenais dans le centre, où tout le monde s’est mis à paniquer en sentant le sol gronder et trembler. En rentrant à mon appart’, j’ai aperçu quelques dégâts : de la vaisselle cassée, des tableaux tombés, et des morceaux de plâtre effrités. Le premier tremblement de terre était de magnitude 4, le second de 5,3. Je peux vous garantir qu’on les sent passer.

J’avais parlé de deux points mais il y a une troisième chose à laquelle vous devez être vigilant en Macédoine : les fous du volant. Les gens ici conduisent littéralement n’importe comment. Un feu rouge ? Bof, on s’en fout, je passe. Une ligne continue ? Pas grave, je double. Sans compter les excès de vitesse, les changements de direction de dernière seconde, les coups de klaxon dans tous les sens. En tant que piéton, ici, tu joues ta vie à chaque traversée de route. Un peu comme en Asie (bon, moins quand même, j’avoue). Bref, soyez prudents, surtout si vous décidez de conduire vous-même.

Pourquoi j’ai fini au poste de police dès mon arrivée (et quelques considérations administratives) :

Si vous arrivez sur cet article depuis mon message sur Facebook, vous vous demandez sûrement comment je me suis démerdé pour finir au poste de police moins de 24 heures après mon arrivée.

Je vous rassure : je n’ai agressé personne, n’ai pas fraudé dans les transports en commun, et personne ne m’a fauché ma carte bleue (je touche du bois).

C’est en fait une procédure administrative basique : tout citoyen de l’Union Européenne (et probablement d’ailleurs aussi, mais on m’a expliqué ça comme ça alors je vous le redis tel quel) venant sur le territoire macédonien et ne résidant pas dans un établissement hôtelier officiel, doit déclarer sa présence au poste de police en présence de son hôte.

Comme je suis passé par Airbnb et que mon hôte est un particulier, elle m’a accompagné au commissariat pour remplir les papiers nécessaires. Rien à payer, juste à donner mon identité et noter mon numéro de passeport. Aucune idée de l’utilité du truc, cependant, puisqu’on a déjà été contrôlé à la frontière en descendant de l’avion.

La galère, c’est qu’il faut le faire à chaque fois qu’on change d’hôte. Et comme je prévois un roadtrip plus ou moins improvisé à travers le pays, ça ne sera pas toujours très simple. Mais peu importe, c’était marrant.

Je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé :

Pour être honnête avec vous, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé en arrivant ici. J’imaginais Skopje comme une grande ville d’Europe de l’Est, assez uniformisée sur le plan culturel, et avec un côté médiéval à l’occidental plus prononcé, et surtout avec une forte influence grecque (notamment dans les arts de la table). J’étais à mille lieux d’imaginer que je déambulerai dans une sorte de croisement entre Istanbul et Bucarest.

skopje histoire

C’est aussi pour ce plaisir que j’aime voyager : me laisser surprendre par une ville qui, même si je n’avais pas particulièrement d’attente, a pris complètement le contrepied de ce que j’imaginais.

Au final, mon avis sur Skopje est assez mitigé. Il y a du bon et du moins bon : la vie y est plutôt douce et agréable, mais pourtant j’ai le sentiment de vite tourner en rond. Je suis sûr d’une chose : plus le temps passe et moins j’apprécie les capitales et les grandes villes. Je suis plus en phase avec moi-même lorsque je suis proche de la nature, ou au pire dans des bourgs ou villages à taille humaine. C’est ce que j’irai chercher dans le reste du pays.

Stay tuned, les amis !

Jérémy.