Amsterdam sans la drogue et les putes : souvenirs de mon week-end hollandais

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Dans un précédent article, je vous avais raconté ma rencontre avec une hollandaise en Malaisie, et je vous avais expliqué pourquoi je n’aimais pas Amsterdam, la ville des vices. Pourtant, rétrospectivement, ce séjour dans la capitale hollandaise effectué avec 2 amis qui voyagent, eux, de manière totalement normale, me laisse des souvenirs impérissables. C’était il y a trois ans quasiment jour pour jour, alors je me replonge dans les souvenirs et je vous emmène avec moi.

Le premier truc dont je me rappelle de mon séjour à Amsterdam, c’est le froid glacial. C’était le premier week-end d’avril 2013. Pâques, me semble-t-il. Il faisait froid. Genre, putain de grave froid. Et comme on s’y était pris en dernière minute, on ne trouvait rien sur les sites de location classiques genre Housetrip. Alors on a réservé un camping légèrement à l’extérieur de la ville. Le « Lucky Lake Camping« . En général je ne suis pas très bon pour me souvenir des noms des endroits où je loge, mais alors lui je peux vous dire que je m’en rappellerais toute ma vie. J’arrivais tout droit d’Italie, du soleil de Venise. J’ai atterri à Charleroi, en Belgique, où mes amis m’ont récupéré en voiture pour que l’on termine le trajet ensemble.

A la frontière hollandaise, la neige commence à tomber. On arrive au Lucky Lake. C’est un français qui nous accueille. Le camping vient d’ouvrir pour la saison estivale, nous sommes les premiers locataires de leur caravane. Il n’y a pas de chauffage, il fait un froid glacial. Heureusement, le français nous apporte un petit chauffage d’appoint que l’on s’empresse d’allumer à fond. Cela ne change pas grand chose : il fait tellement froid que je préfère encore ressortir. Direction : la ville, sa foule, et surtout ses bars chauffés.

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On se démerde je ne sais trop comment pour comprendre le fonctionnement de leur sorte de RER, et on arrive à bon port, dans la gare centrale d’Amsterdam. J’ai la chanson de Jacques Brel qui me trotte dans la tête depuis le matin, je n’arrive pas à m’en défaire. En guise de marins, des petites racailles en jogging fluos et aux cheveux rasés sur le côté. Des russes aux yeux explosés. Le premier contact avec la ville ne fût pas des plus glamours.

Un peu comme quand je passe à Paris, je finis par faire abstraction de la population. Je me concentre sur les façades tordues des jolies maisons. Sur les canaux, les vélos, les arbres dépourvus de feuilles, preuve s’il en fallait que le printemps n’était pas encore arrivé.

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Sans m’en rendre compte, je suis pris dans la foule et je me retrouve à déambuler au milieu d’un long marché de fleurs le long des canaux. Je rentre au hasard dans une boutique de souvenirs, picore du gouda parfumé au cumin, et sors pour recommencer quelques mètres plus loin.

Je n’ai pas le moindre souvenir d’avoir fait un vrai repas à Amsterdam. J’ai forcément dû, pourtant, manger correctement à un moment. Mais je ne m’en souviens pas. En revanche, je me rappelle très bien avoir passé des heures dans un truc qui ressemblait à la « Maison du Gouda » (on va appeler ça comme ça bien que je n’ai pas la moindre idée du nom), à me goinfrer du fromage proposé en dégustation. Je m’en fous, c’est gratuit et je suis fauché : je profite.

Et puis, ça devait forcément arriver, je suis passé par les lieux touristiques. J’ai traversé le quartier rouge. D’abord gêné de toutes ces jeunes femmes dénudées sous les néons, puis amusé, au final, de recevoir des œillades ou des invitations tous les cinq mètres. On finit par se retrouver je ne sais comment dans un bar proche du quartier chinois. J’ai les doigts gelés et je peine à lever ma bière. J’y découvre les chiottes les plus dégueulasses de toute ma vie. De la pisse (mais pas que) partout sauf dans l’endroit prévu pour. Une odeur immonde, à vomir. Je retiens ma respiration tandis que la nausée me comprime la gorge. Je ressors écœuré. Je paie, je m’en vais.

Je me rappelle aussi du musée du sexe. D’un parc. De la première fois de ma vie dans un Apple Store. D’une crêpe aux fruits rouges payée une petite fortune. De Hélène la petite québécoise. De ma difficulté à respirer dès qu’on rentrait dans un de ces bars enfumés. D’une Bentley rose bonbon garée dans une petite rue discrète.

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Je vous dois aussi une confession : j’ai fait un tour dans la grande roue, le truc le plus attrape-touristes au monde. Fallait bien que j’essaie un jour : c’est fait. Merci, au revoir. Même s’il faut bien reconnaître que la vue est chouette de là-haut.

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C’était il y a trois ans, ça me semble être un milliard d’années. Le temps passe vite. Surtout sur la route.

Jérémy.