Vous envisagez de partir en solitaire et vous réfléchissez encore à la destination ? L’Asie du Sud-Est vous fait de l’oeil mais vous ne savez pas vraiment à quoi vous attendre ? Vous tombez bien !
J’ai eu l’occasion d’explorer cette région du monde lors d’un long voyage en sac à dos, et avec le recul je trouve que c’est la destination idéale pour une première expérience en backpacker solo. Des gens adorables, une simplicité déconcertante dans l’organisation du voyage, des rencontres faciles et surtout ce sentiment de dolce vita permanent, cette impression d’être constamment en vacances que je n’ai jamais vraiment retrouvée ailleurs dans le monde.
Bref, si vous avez envie de tenter pour la première fois l’aventure en solitaire, l’Asie du Sud-Est est clairement l’une des destinations que je vous conseillerais de privilégier. Je vous explique tout ça dans cet article.
Prêt ? Alors suivez-moi !
Une région où voyager seul est particulièrement facile

Quand on envisage de partir seul pour la première fois à l’autre bout du monde, on se pose quand même pas mal de questions. Comment je vais me déplacer ? Où est-ce que je vais dormir ? Est-ce que je vais réussir à me faire comprendre ?
Bonne nouvelle : en Asie du Sud-Est, tout est simple.
La région accueille des backpackers depuis des décennies et ça se sent. Il y a des guesthouses à petit prix littéralement partout, on trouve des « agences » de voyage à tous les coins de rue (et quand je dis « agence », c’est pas du tout les mêmes que chez nous, vous verrez !), des laveries, des restaurants, des services de location de scooters, des vendeurs d’excursions, de billets de bus ou de bateau… Bref, l’Asie du Sud-Est, c’est un terrain de jeu géant pour les backpackers. Tout y est possible. Vous débarquez sans avoir organisé quoi que ce soit, et vous n’aurez que l’embarras du choix pour préparer la suite de votre voyage.
Une mouche vous pique et vous décidez de partir à 300 kilomètres de là ? Easy : vous demandez à la réception de votre guesthouse. La personne passe un coup de téléphone, vous griffonne une heure sur un bout de papier et vous annonce qu’un minivan viendra vous chercher demain matin devant la porte. Le lendemain, effectivement, un minivan arrive. Bon, parfois avec 45 minutes de retard. On reste en Asie du Sud-Est, hein. Mais c’est parti.
Alors oui, tout ne fonctionne pas toujours avec la précision d’une horloge suisse. Il y a des fois, vous allez probablement attendre un bus qui aurait déjà dû être là depuis une demi-heure, ou monter dans un bateau dont vous vous demanderez s’il va vraiment au bon endroit, ou découvrir que les « 4 heures de trajet » annoncées en durent finalement 7.
Mais finalement, c’est ça qui est génial : il y a suffisamment d’organisation pour que voyager soit facile, sans que tout soit tellement cadré qu’il n’y ait plus la moindre aventure.
Et pour un premier voyage en solitaire, je trouve l’équilibre parfait. Vous êtes à 10 000 kilomètres de chez vous, dans un environnement totalement dépaysant, avec l’impression de partir à l’aventure, alors qu’en réalité, trouver un lit et un moyen de rejoindre la prochaine étape est d’une simplicité déconcertante.
Et mine de rien, quand on débarque seul avec son sac sur le dos sur un autre continent, croyez-moi, c’est rassurant !
En Asie du Sud-Est, on ne reste jamais longtemps vraiment seul

C’est l’une des principales craintes quand on envisage un premier voyage en solitaire : est-ce que je ne vais pas me sentir terriblement seul à l’autre bout du monde ?
Alors, évidemment, tout dépend de votre caractère et de votre manière de voyager. Mais en Asie du Sud-Est, il faut presque le faire exprès pour ne rencontrer personne.
Comme je vous le disais plus haut, la région attire des backpackers venus du monde entier. Et comme tout ce petit monde dort dans les mêmes guesthouses, emprunte les mêmes bus pendant huit heures, participe aux mêmes excursions et se retrouve le soir dans les mêmes bars, alors forcément, les conversations démarrent facilement.
D’ailleurs, c’est l’un des paradoxes du voyage en solitaire : on part seul, mais on est souvent beaucoup plus ouvert aux rencontres que lorsqu’on voyage à deux ou entre amis. Quand vous êtes avec votre groupe, vous avez déjà vos compagnons de route et pouvez très bien passer la soirée à ne discuter qu’entre vous. Quand vous êtes seul à une table avec votre bière devant vous, il suffit d’un simple « Where are you from ? » lancé par votre voisin pour que votre soirée prenne une tournure complètement différente (et là je ne réponds plus de rien).
Et puis les rencontres en backpacking ont quelque chose d’assez particulier. Vous pouvez sympathiser avec quelqu’un dans un bus, découvrir que vous allez au même endroit, partager une chambre ou une excursion, dîner ensemble le soir et finalement décider de poursuivre la route à deux pendant quelques jours. Puis vos itinéraires se séparent, chacun repart de son côté et, deux jours plus tard, rebelote avec quelqu’un d’autre.
Certaines rencontres dureront vingt minutes. D’autres quelques jours. Et certaines peuvent se transformer en véritables amitiés.
Alors non, partir seul en Asie du Sud-Est ne signifie absolument pas passer trois semaines à manger son pad thaï en tête-à-tête avec son téléphone. Vous aurez évidemment des moments de solitude (et heureusement, c’est aussi l’intérêt de partir seul), mais vous aurez surtout une liberté assez géniale : celle de décider quand vous avez envie d’être seul, et quand vous avez envie de ne plus l’être.
L’anglais comme langue commune avec les locaux comme les voyageurs

Bon, il y a quand même un petit détail que j’ai volontairement laissé de côté dans le paragraphe précédent : pour discuter avec ce coréen rencontré dans votre guesthouse ou cette suédoise assise à côté de vous dans le bus, il va falloir trouver une langue commune. Et, neuf fois sur dix, cette langue sera l’anglais.
C’est d’ailleurs quelque chose dont on ne se rend pas forcément compte avant un premier grand voyage. On pense surtout qu’il faut parler anglais pour demander son chemin, réserver une chambre ou commander à manger. C’est vrai, évidemment. En Asie du Sud-Est, dans les endroits touristiques, quelques bases vous faciliteront énormément la vie pour communiquer avec les locaux (car, à part quelques exceptions au Cambodge, notamment lorsque j’ai visité Battambang, je n’ai pas rencontré de locaux qui parlaient vraiment français).
Mais à mes yeux, ce n’est pas le plus important.
L’anglais, c’est avant tout la langue des backpackers. Celle qui permet à des gens venus des quatre coins du monde et qui n’ont absolument aucune autre langue en commun de passer la soirée à discuter, de partager leurs bons plans, de se raconter leurs voyages et parfois de décider de poursuivre la route ensemble le lendemain.
Et rassurez-vous : personne ne vous demande de devenir bilingue avant de monter dans l’avion. J’ai entendu pendant mes voyages des accents à couper au couteau, des conjugaisons massacrées avec une créativité remarquable et des phrases qui auraient rendu folle Madame Martin, ma chère professeur d’anglais au lycée. Mais on s’en fout. Le but, c’est de comprendre et de se faire comprendre. Rien de plus.
Ceci dit, si votre niveau se limite à yes, no et two beers please, ça peut valoir le coup de travailler un peu votre anglais avant le départ. Vous pouvez par exemple gagner en aisance en prenant des cours particuliers d’anglais en ligne, notamment pour vous habituer à tenir une vraie conversation plutôt qu’à simplement réciter les phrases apprises à l’école. Des plateformes comme VosCours permettent justement de suivre ce type d’accompagnement à distance, ce qui est plutôt pratique pour se préparer tranquillement dans les semaines ou les mois précédant le voyage.
Pas besoin d’atteindre un niveau extraordinaire. Mais être capable de raconter d’où vous venez, de comprendre une anecdote, de poser des questions et surtout d’oser parler, même en faisant des fautes, peut complètement changer votre expérience sur place.
Je vous assure que vous oublierez assez vite les trois mots qui vous manquaient pour construire une phrase grammaticalement parfaite. Par contre, les gens avec qui vous avez passé la soirée grâce à cette phrase bancale, eux, vous allez vous en souvenir longtemps.
Une incroyable diversité à portée de sac à dos

Autre énorme avantage de l’Asie du Sud-Est pour un premier voyage en solo : vous pouvez complètement changer de décor, d’ambiance et même de pays sans avoir besoin de prendre un avion tous les quatre matins.
En quelques semaines de voyage, vous pouvez vous retrouver au milieu des gratte-ciel et du joyeux bordel de Bangkok, partir quelques jours plus tard explorer les temples perdus dans la jungle d’Angkor, traverser les paysages verdoyants du Laos avant de terminer les pieds dans l’eau sur une plage paradisiaque en Thaïlande. Et je ne vous parle même pas du Vietnam, de la Malaisie ou de l’Indonésie si vous avez quelques mois devant vous.
C’est d’ailleurs ce que j’avais adoré pendant mon voyage : cette impression de changer constamment d’univers sans jamais avoir besoin de parcourir des distances complètement délirantes.
Parce que l’Asie du Sud-Est, ce n’est pas vraiment UN voyage. Chaque pays possède sa propre culture, sa cuisine, ses paysages, son histoire et son ambiance. Même deux villes situées à quelques centaines de kilomètres l’une de l’autre peuvent n’avoir absolument rien à voir.
Et puis il y a la diversité des expériences. Un jour, vous vous levez à l’aube pour visiter un temple vieux de plusieurs siècles. Le lendemain, vous passez six heures dans un bus brinquebalant à regarder défiler les rizières. Deux jours plus tard, vous louez un scooter pour partir explorer la campagne. Et quelques jours après, vous êtes en short sur une île de rêve, à vous demander quel cocktail vous allez commander.
Perso, je trouve que cette variété participe énormément à ce fameux sentiment de dolce vita dont je vous parlais en introduction. On bouge beaucoup, on découvre constamment de nouveaux endroits, mais sans avoir nécessairement l’impression de courir après son voyage.
Et c’est généralement à ce moment-là qu’on commence à comprendre pourquoi autant de backpackers venus en Asie du Sud-Est pour quelques semaines finissent par avoir beaucoup, beaucoup de mal à rentrer chez eux.
On peut voyager longtemps sans exploser son budget

Évidemment, si vous partez pour un voyage au long cours, la question du budget va rapidement se poser. Et là encore, l’Asie du Sud-Est possède un sacré avantage : on peut y voyager à petit prix sans avoir besoin de se priver en permanence.
On peut dormir pour moins de 10 euros par nuit dans des guesthouses sympas, manger sur le pouce des plats délicieux pour 2/3 euros maxi, se déplacer pour trois fois rien (bon par contre faut accepter le bus tape-cul, hein). Je sais que ça peut paraître délirant si vous êtes habitués à bouger en Europe ou dans le monde occidental au sens large, mais en Asie du Sud-Est, il est tout à fait possible de s’en sortir pour 20-25€ par jour tout compris.
Alors oui, avec ce type de budget, on est clairement dans le voyage low-cost, et vous n’allez pas passer vos soirées sur les rooftops de Bangkok à vous envoyer des cocktails chics.
Mais avec le budget qui vous permettrait de tenir dix jours dans certaines destinations, vous pouvez ici envisager de partir beaucoup plus longtemps. Et c’est un luxe : vous pourrez décider de rester trois jours de plus dans un endroit que vous adorez, modifier votre itinéraire après une rencontre ou simplement accepter de ne rien faire pendant une journée sans entendre une petite voix vous rappeler que votre chambre vous coûte 100 balles la nuit.
Alors bien sûr, si vous avez envie de vous faire plaisir, rien ne vous en empêche. Mais si vous avez un petit budget, l’Asie du Sud-Est permet de faire durer sacrément longtemps l’aventure sans exploser votre compte en banque. Et mine de rien, c’est un sacré argument !
Conclusion :
Il n’y a évidemment pas que l’Asie du Sud-Est qui soit une destination intéressante pour voyager seul. Perso, je suis parti en solo dans bien des coins du monde. Mais je trouve que la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, et les pays limitrophes, sont particulièrement adaptés, en particulier pour un premier voyage.
Que ce soit pour la facilité d’organisation, les rencontres, le budget ou tout simplement l’incroyable diversité de choses à voir et à faire, sincèrement, j’ai du mal à mettre un autre coin du monde au sommet du classement.
Et vous, quelle est votre expérience de backpacker en Asie du Sud-Est ?
A bientôt sur mon blog,
Jérémy