21 choses que j’ai apprises après 3 ans sur la route :

Nouveau : comment TOUT QUITTER et partir voyager (très) longtemps ? J'explique tout ici !

moi-thailandePutain, 3 ans ! Trois ans que j’ai pris mes cliques et claques (ou plutôt mon sac à dos et un billet d’avion) et que je suis parti voir comment les gens vivent ailleurs. Ça passe vite. A la fin du mois de septembre 2011, je rendais mon appart’ en Normandie, et j’atterrissais à Porto pour trois semaines au Portugal : le début de mon périple.

3 ans plus tard, j’ai pris l’avion une cinquantaine de fois, obtenu une quinzaine de tampons sur mon passeport, perdu mes cheveux, flingué un appareil photo, habité dans 2 pays différents, mangé des plats délicieux, bu de l’alcool dégueulasse, et traversé 3 continents.

En guise de bilan, voici 21 choses futiles ou importantes que j’ai apprises en 3 ans de voyages, et qui pourraient vous être utiles si vous vous décidez à franchir le pas :

1. Vous devrez apprendre à faire confiance aux gens :

Sur la route, t’as pas le choix. T’es livré à toi-même, tu connais pas la ville où tu viens d’arriver. Soit tu fais confiance à ce chauffeur de taxi qui te dit connaître une super guest-house, soit tu te démerdes par toi-même en risquant d’atterrir dans un quartier pourri ou même de dormir dehors.

Entre occidentaux aussi, on se fait confiance : j’ai partagé plusieurs fois ma chambre d’hôtel avec des voyageurs rencontrés le jour-même, pour réduire les frais. Tout s’est toujours très bien passé (heureusement !).

Parfois, ce sont des locaux géniaux qui viendront spontanément t’offrir le couchage. Ça fait flipper, on n’a pas l’habitude, mais ça vaut le coup parfois de se faire des petites frayeurs pour faire confiance aux gens. La plupart du temps, ils n’ont qu’une envie : aider. Mais parfois, on tombe sur des cons, des fous ou des mal-intentionnés. J’y reviens plus bas.

2. Tous les habitants de cette planète recherchent la même chose : vivre en paix, rire avec les potes et s’amuser

gamins-battambangC’est une constante sur cette planète : de Bamako à Tokyo, de San Francisco à Charleville-Mézière, les gens n’aspirent qu’à une chose : rigoler avec leurs amis, passer du bon temps, se détendre, s’amuser. Bref : à vivre une vie paisible.

Une fois qu’on a compris que l’autre n’est pas nécessairement si différent de nous, ça change notre perspective du monde.

3. On voyage pour se trouver :

En 3 ans, j’ai rencontré des centaines de backpackers venus des quatre coins du globe. Certains l’avouent en toute simplicité, d’autres le cachent sous des airs faussement désinvoltes, mais tous, nous partageons cette caractéristique : on voyage pour se trouver.

Pour repousser nos limites, pour trouver notre place en ce monde, pour se confronter à d’autres façons de penser, pour apprendre à nous connaître, … Bref, le voyage au long-cours est une quête autant intérieure qu’extérieure.

4. Il est primordial de garder contact avec ses amis en France :

Certains voyageurs se retrouvent piégés au bout d’un moment. Quand ils rentrent chez eux après plusieurs années sur la route, le décalage avec leurs proches est tellement énorme qu’ils n’arrivent plus à raccrocher les wagons. Du coup, la seule solution c’est la fuite en avant : repartir en voyage.

J’ai rencontré trop de gens dans cette situation pour ne pas vous donner ce conseil : gardez autant que possible le contact avec vos proches en France (ou ailleurs). Pour ma part, je rentre en Normandie tous les 3 mois maximum pour ne pas être coupé trop longtemps de la vie de mes amis et de ma famille. Je ne veux pas manquer trop de fêtes d’anniversaires ou d’événements marquants dans la vie des uns et des autres.

5. Voyager léger n’est pas un luxe, c’est une nécessité :

En voyage, on marche. Beaucoup. Et rarement sur des routes de très bonne qualité. Alors quand on a un sac à dos qui pèse 20 kilos, avec le matos de camping, les chaussures qui pendent, et qu’en plus on traîne une valise à roulettes, c’est juste impossible de profiter pleinement du voyage.

Voyager léger est indispensable pour être flexible, pouvoir sauter dans un bus sur un coup de tête sans devoir passer des heures à tout empaqueter. Et surtout, pour vous éviter de vous tuer le dos à force de transporter votre maison avec vous.

Si vous avez peur de manquer, dites vous qu’au pire, vous rachèterez sur place. De toute façon, ça coûtera toujours moins cher qu’en France !

Mes checklists de voyage pour partir léger sont à télécharger derrière ce lien.

6. Voyagez dans des pays où vous n’avez pas à toujours avoir le nez sur le portefeuille :

moi-newyorkDonc là où votre budget permet d’être large et de profiter.

Il n’y a rien de plus frustrant que devoir sans arrêt compter les sous, vérifier qu’on ne dépasse pas les 5€ quotidien que l’on s’autorise à mettre ailleurs que dans la bouffe et le couchage.

Si vous ne pouvez pas vous permettre de prendre deux bières dans la soirée parce que ça explose votre budget (hein Jérémy, la Norvège par exemple), alors privilégiez les pays où vous n’avez pas à compter chaque centime ! Les pays pauvres, c’est pas ça qui manque. Et il y a des choses magiques à y voir aussi (car ça serait triste de choisir un pays juste pour son coût de la vie). Si vous avez 10€ de budget par jour, oubliez l’Islande : foncez au Cambodge ! Pour le même montant, vous en profiterez 100 fois plus !

7. Mieux vaut faire quelques folies et profiter à fond, que se restreindre à bloc et rentrer frustré…

J’ai rencontré des tas de backpackers qui se refusent le plaisir d’un smoothie à 2€ sur les plages de Thaïlande parce que ‘ça exploserait leur budget’. Ou qui ne grimpent pas en haut de l’Empire State Building parce que 20€ c’est 3 semaines de bouffe.

Je comprends le principe du voyage ‘low-cost’, j’en suis même un fervent défenseur. Mais il faut aussi se dire que si vous vous refusez toujours tout ce qui est ‘plaisir’, vous allez rentrer frustré de votre voyage.

Ok vous aurez été en Malaisie et au Pérou. Mais si vous vous êtes contenté d’obtenir un tampon sur le passeport sans avoir expérimenté quelques trucs cools et immanquables du pays (genre le Machu Pichu pour le Pérou !), c’est dommage : surtout pour vous.

N’hésitez pas à augmenter votre budget ‘plaisir’ quotidien, quitte à raccourcir le trip. Car vous ne savez pas si vous aurez un jour la possibilité de revivre ce qui s’offre à vous aujourd’hui. Saisissez l’instant plutôt que de vous frustrer en essayant d’anticiper l’avenir !

8. Les meilleurs endroits ne sont pas dans les guides :

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J’ai brûlé mon dernier Routard au bout d’un an de voyage. En Espagne. Bon, ok, en réalité je l’ai oublié dans la gare de bus de Marbella. Mais ça a été un mal pour un bien : ça m’a forcé à aller demander aux locaux les endroits qu’ils recommandent. Et ainsi de découvrir certains spots complètement oublié des touristes car non cités dans les guides de voyage.

Partir sans le Lonely Planet, c’est s’offrir la liberté une fois sur place. Et découvrir des endroits somptueux que le tourisme de masse n’a pas encore rendu insipide.

9. Globalement, les gens aiment la France :

Je me souviens d’une discussion avec un jeune sherpa népalais dans la guesthouse où je résidais. Il me demandait d’où je viens. « France », je lui réponds, en m’attendant à l’habituel « Oh, Tour Eiffel, Champs Elysée« , les étoiles dans les yeux. Mais non, lui il me sort « Ah Zidane, I love Zidane ! ». Explosion de rire générale.

A part un canadien buté comme un élan et con comme ses pieds, qu’ils n’avaient d’ailleurs jamais mis sur le sol de notre pays, je n’ai rencontré que des gens qui aimaient la France, ou qui, au moins, avaient un a-priori positif sur notre pays et ses habitants (même si ça ne m’a pas empêché de me faire chambrer un paquet de fois, notamment par des irlandais après la main de Thierry Henry pendant les qualifications pour je ne sais quelle compétition de foot).

10. On se rappelle moins des lieux que des gens rencontrés :

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C’est une constante : quand on me demande quel endroit j’ai préféré, mon jugement est biaisé par les rencontres faites sur place davantage que par les paysages ou l’atmosphère de la ville.

Je ne me rappelle pas de Klaipeda, Lituanie, pour ses ruelles pavées et son musée d’histoire, mais pour la super soirée à boire de la sangria dans un parc, avec Laura, cette grande brune pétillante qui m’hébergeait pour quelques jours.

Je ne me rappelle pas de Venise pour ses canaux et sa place San Marco bondée, mais pour les rigolades au restaurant avec Mathias, Viola, et Andréa, qui ont littéralement illuminé mon séjour sur place.

Je ne me rappelle pas de Battambang, Cambodge, pour son architecture ou son bamboo-train, mais pour la rencontre de Cécile et Chloé, deux françaises géniales avec qui j’ai ensuite partagé un bout de chemin.

Ce sont les gens qui font le voyage, pas les lieux en tant que tels.

11. Quand on voyage à plusieurs, on finit toujours par s’engueuler :

Les couples ou les groupes de potes que j’ai croisé ont tous finis par s’engueuler à un moment. De même, quand je suis parti avec des gens, il y a toujours eu des tensions à un moment donné. Soit m’incluant, soit entre d’autres membres du groupe.

La promiscuité à longueur de journée a souvent raison de nos nerfs. Et quand on est fatigué, qu’il fait 40 degrés, qu’il n’y a plus d’eau dans la bouteille : ça arrive, on s’engueule sur des broutilles. Ça fait parti du voyage, il faut le savoir.

12. Voyager seul est le meilleur moyen de ne pas le rester très longtemps :

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Quand je voyage seul, c’est là que je fais les meilleures rencontres. D’une part, parce que je suis plus libre de mes mouvements et que je n’ai pas à attendre « l’accord » de mes compagnons de route pour aller parler aux autres voyageurs, et d’autre part parce que quand on est seul, on est moins intimidant pour d’autres voyageurs solo qui ont envie de papoter.

Voyager seul, c’est de loin le meilleur moyen pour rencontrer des gens une fois en route !

13. Les clichés sont des clichés pour une bonne raison : ils sont vrais

Les italiens sont dragueurs et parlent avec les mains. Les finlandais ont un sens de l’humour complètement barge. Les japonais ont toujours un énorme appareil photo autour du cou. Les anglo-saxons sont infoutus de parler une autre langue que la leur. Des clichés ? Certes, mais malgré quelques exceptions, ils se sont vérifiés sur le nombre !

14. Les lieux touristiques sont touristiques pour une bonne raison : ils sont sublimes

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J’aurais adoré détester Venise, New York ou les îles paradisiaques de Thaïlande. Mais je dois me confesser : j’ai adoré. Malgré les touristes, malgré les sentiers battus et rebattus, les parcours fléchés, et l’impression de ne pas être vraiment dans le même monde que les locaux.

Très souvent, si un lieu est renommé, c’est pour une bonne raison : il en vaut la peine. Ne boudez pas votre plaisir 🙂

La photo ci-dessus, c’est ma vue au réveil lors de mon passage à Tadoussac, Canada. Magique !

15. Il est préférable d’avoir un rouleau de PQ dans votre sac (et tant pis pour le glam’)

Oui, parce que la tourista, c’est pas marrant. Et quand y’a des chiottes à proximité, ils sont pas toujours forcément équipés !

16. Il faut se fier à son instinct : si on ne ‘sent’ pas une situation, autant se barrer :

vilnius-dangerEn visitant une guesthouse, au moment de monter dans un taxi, en pénétrant dans un quartier, ou même en rentrant dans un restau, si vous ne le sentez pas, autant rebrousser chemin, changer de taxi, visiter une autre guesthouse, … ! Mon sixième sens m’a sûrement évité un paquet de problèmes depuis que je suis sur la route… même si je ne pourrais jamais le vérifier !

17. Acceptez, dès le départ, qu’il va vous arriver des tuiles : c’est inévitable

Il y a les petites tuiles et les grosses tuiles. Les petites vont vous tomber dessus, et j’espère que vous éviterez les grosses.

Pour ma part, parmi les petites, j’ai bousillé un appareil photo sous la pluie à Milan (ouai hein…). Je me suis fait emmerdé plusieurs fois, notamment en Espagne. Mais jusqu’à présent je ne me suis ni fait violemment agresser, ni voler mes affaires importantes (passeport et cartes bancaires). Le moment le plus flippant de mes 3 ans de voyage : un mec qui a tenté de me violer en Malaisie. J’ai eu une belle frayeur mais m’en suis, heureusement, sorti indemne !

Autant partir en étant prêt aux emmerdes et donc à en diminuer l’impact sur votre moral quand elles arriveront, plutôt que de croire au monde des bisounours et penser qu’il ne vous arrivera rien, car c’est faux.

18. Tu peux te sortir de beaucoup de situations si tu as confiance en toi :

Au-delà des petites (ou plus grosses) emmerdes du point précédent, on peut tout de même se sortir de beaucoup de situations pour peu que l’on fasse preuve d’audace et de confiance en soi.

Je me rappelle avoir échappé à une amende de 75$ dans le tram du New Jersey en jouant le touriste égaré qui voulait se rendre à l’Empire State Building. Au lieu de m’aligner, les contrôleurs m’ont remis dans le tram, m’ont indiqué la direction -que je connaissais déjà- et m’ont souhaité un bon séjour. Le tout sans même me faire acheter un ticket. Bon, derrière j’ai culpabilisé pendant des heures, au point que j’ai failli aller me dénoncer à l’office des transports urbains de Jersey City. Mais quand même 🙂

19. En tant que backpacker, il est impossible de passer inaperçu, même dans le monde occidental

En Asie, en Afrique ou dans certains pays d’Amérique du Sud, n’en parlons même pas : avec le sac à dos Qechua, les grosses chaussures de marche, la tronche rougie de coups de soleil, et le chapeau sur le crâne pour éviter de finir desséché, il ne faut pas plus d’un quart de seconde aux autochtones pour te repérer.

Dans le monde occidental et/ou bien urbanisé, difficile tout de même de passer inaperçu. La plupart des touristes n’ont pas le même look que nous, certes, mais quand même : les locaux nous repèrent direct. D’ailleurs je suis certain qu’à Paris ou dans n’importe quelle ville française, vous spottez les backpackers à 500 mètres à la ronde !

20. Voyager lentement, c’est le pied :

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A mon sens, il est préférable d’en voir peu mais d’avoir profité à fond, que de rusher, d’avoir passé son temps dans des bus, et de ne rien avoir vécu réellement sur place.

En Asie j’ai rencontré un couple de français qui avaient 2 semaines de vacances. Ils ont été au Vietnam, au Cambodge et au Laos. En deux semaines ! Je les ai vu arriver dans ma guesthouse le lundi en fin d’aprem, ils sont partis direct faire le tour de la ville en speed. Et le lendemain matin je les ai retrouvé à la gare d’autobus où ils repartaient dans la ville suivante. Ce type de voyage version Flash-Gordon, très peu pour moi.

Dans le même temps, j’avais savouré un délicieux mango-shake dans mon bar préféré, échangé quelques mots d’anglais avec la serveuse au sourire radieux, puis escaladé un bâtiment pour observer le soleil se coucher sur la campagne environnante.

En trois ans de voyage, j’en ai probablement vu moins que la plupart des voyageurs en 6 mois. Mais je m’en fou : je ne fais pas la course. Mon truc c’est le slow-travel. Je prends mon temps pour rencontrer des gens, me faire des amis sur place, sentir les ‘vibrations’ du lieu, son ambiance, et aller un peu plus en profondeur que juste ‘voir les spots intéressants de la ville’ et cocher des cases sur une ‘bucket list’.

21. Quoi qu’il arrive, en rentrant de voyage, vous aurez changé et vous serez en décalage avec ceux qui sont restés :

J’écris cet article depuis le canapé de chez mon père, qui m’accueille régulièrement lors de mes passages en France. La vie de mes proches a profondément évolué depuis mon départ, et ce malgré mes retours aussi fréquents que possible pour rester connecté avec la vie d’ici.

Mais le pire, c’est au niveau des amitiés. Je me rends compte à quel point le voyage m’a changé. Ma mentalité, ma façon de voir le monde, mon ouverture d’esprit, ou ma façon de réagir à certains faits d’actualité n’ont plus rien à voir avec ce que j’étais avant que je ne franchisse le pas. Un décalage clair et net s’est formé avec les gens qui étaient mes amis avant mon départ – et qui le sont toujours, même si les choses ne sont plus tout à fait pareilles.

Depuis que je suis rentré en France, j’ai beau être heureux de revoir du monde, il n’y a pas à faire : je me sens en décalage avec ceux qui n’ont pas été mordus par le virus. D’ailleurs la plupart des gens que je fréquente aujourd’hui sont des voyageurs aussi, ou des personnes rencontrées en voyage, avec qui ‘on se comprend’.

Certains voyageurs au long-cours disent qu’il est impossible de revenir à la vie normale, une fois parti. Je suis en train d’en faire l’expérience.

Pour ceux qui n’ont pas encore franchis le pas :

moi-grenade

Résumer 3 ans de voyage à un article en 21 points, c’est light. J’aurais pu rajouter des tas et des tas de choses. Mais à ce rythme là, ça risque d’être l’histoire sans fin, et faut bien que je publie cet article un jour. Voila qui est fait.

Pour ceux qui ne sont pas encore partis, allez lire cet article et découvrir comment j’ai tout plaqué pour voyager à travers le monde. Vous devriez y trouver des idées pour faire de même !