Comment bien négocier ses achats en voyage ? (et faire des belles rencontres)

Nouveau : comment TOUT QUITTER et partir voyager (très) longtemps ? J'explique tout ici !

monnaieHé oui, la négociation de vos achats dans certains pays est monnaie courante, que vous aimiez négocier… ou pas !

Lors de mes premiers voyages dans ces pays, je n’étais vraiment pas pour la négociation! Je me disais qu’en tant qu’Européen, négocier pour économiser quelques pièces était vraiment déplacé, et que les locaux allaient me prendre pour un occidental radin qui ne veut pas lâcher 1 centime alors qu’il gagne 20 fois le salaire moyen du pays ! Je ne négociais donc rien, ou très peu.

A la fin de mes achats, j’avais le droit à un grand sourire faux-cul, une bonne tape dans le dos et un : ‘reviens quand tu veux dans mon magasin vieux !‘ Je me disais que je contribuais un minimum au bien-être des gens et que c’était la moindre des choses que je puisse faire pour les aider.

J’avais tout faux ! Il faut négocier ! Dans certains pays, c’est de cette façon que les locaux t’acceptent et te respectent.

Article rédigé par Esteban, passionné de voyages et fraîchement promu rédacteur sur Roadcalls.

Négocier en voyage est indispensable pour se faire accepter par les locaux

Puis je suis parti en voyage avec un ami qui était un vrai globe-trotteur : il avait traversé l’Amérique du Sud dans un bus VW, parcouru l’Afrique de long en large, visité les coins les plus reculés de l’Indonésie, fait des trecks de 2 semaines à travers l’Amazonie, bref ce mec connaissait les voyages et savait comment faire pour s’immerger dans les cultures locales. Et du même coup, passer un voyage complètement différent que ceux que j’avais fait jusque là.

Lors de mon 1er achat avec mon pote (évidement sans négocier le prix), il m’a regardé avec des yeux aussi étonné qu’un cow-boy Texan voyant un armailli Suisse pour la 1ere fois ! (oui d’accord, tout le monde ne voit pas ce qu’est un armailli mais faites une recherche vous comprendrez l’expression). J’ai bien cru qu’il allait m’en coller une !

Nous sortons, il me tire un peu plus loin et me demande :

Pourquoi tu négocies pas ? Sur ce, fier de moi et de mes principes d’occidentaux expliqué plus haut, je lui explique qu’en tant qu’occidental je pouvais bien aider, etc…

Et là, il m’a fait comprendre qu’ici on n’est pas en Suisse ou ailleurs. Qu’ici la négociation ça se fait, ça doit se faire et que c’est de ne pas négocier qui est mal vu !

Et j’ai compris. Compris que lorsque tu négocies, c’est également un échange, que les gens te respectent après ça et ne te voient pas comme l’occidental bourré de thunes qui chie les liasses de billets de 500.-.

Au bout du compte, négocier devient un plaisir… et on se fait des amis :

negocier-en-voyage

Même avec les marchands de bananes, on peut négocier !

 

J’ai donc commencé à négocier et je dois avouer que maintenant ça me plait ! Ce n’est pas tant d’économiser 1.- ou 2.-, mais vraiment du moment passé avec les gens. Comme avec Wayan, à Bali.

Je cherchais un back-pack car le mien avait lâché. J’écumais les petits shops de Bali toute la journée, j’étais fatigué, j’en avais marre, je rêvais d’une bonne bière et là, je suis tombé sur le petit shop de Wayan et sa fille. Un de ces magasins aligné à côté de 50 autres dans une petite ruelle (j’adore ces endroits !). J’explique à Wayan que ce sac m’intéresse, je l’essaie, il me plait et je lui demande combien il coûte.

– 800’000 roupies (l’équivalent de 70 Euro).

Je m’éclate de rire et je lui demande quel est le vrai prix. (ça c’est ma technique pour lui montrer que je connais les prix et qu’on va passer un bon moment ensemble).

– « ok combien tu m’en donnes? » me demande Wayan.

-« 100 000 » je lui dis.

Wayan m’a regardé avec un air si désespéré et si triste que si je ne connaissais pas leurs techniques je lui aurais donné ce qu’il me demandait.

– « et c’est mon dernier prix » ai-je ajouté avec un petit sourire en coin.

Et là, le visage et le regard de Wayan et sa fille a changé. Il m’a lancé un grand sourire et  il m’a demandé d’où je venais, comment je m’appelais et j’ai fait pareil (enfin d’où il venait je le savais, je ne lui ai demandé que son prénom). Une vraie relation amicale s’est installée juste parce que je lui ai montré que nous étions aux même niveau. (et c’est le cas !). Après 10 minutes de discussion il me dit :

– « ok Esteban, tu es sympa, je t’aime bien, je te le laisse pour 500’000 ! » Son regard était malicieux et son sourire tout autant. Je sentais qu’il attendait de voir ma réaction. Je lui lance le même regard malicieux,  je m’assoie sur les petites marche d’escalier de son magasin et je lui dis :

– « Bon, je vais m’asseoir parce que je pense qu’on est là pour un long moment Wayan ».

Il a éclaté de rire en mettant son son bras autour de ma nuque et il s’est assis à côté de moi.

On a commencé à discuter, on s’est vraiment bien marré en continuant la négociation et en alternant les questions sérieuse du genre : « t’es marié ? », « allez, je te le prends pour 200’000 », « tu fais quoi dans la vie ? », « je te le laisse pour 400’000 et c’est vraiment mon dernier prix ! »,  « tu aimes Bali ? », etc…

J’ai finalement eu mon sac pour 300’000 roupies et 45 minutes.

Mais ce que j’ai gagné de plus important à mes yeux, c’est le respect et l’amitié (la vraie) de Wayan. Et lorsqu’un Balinais vous offre son amitié, c’est une amitié sincère, croyez-moi.  Les jours suivants je repassais devant son magasin et il criait à 50 mètre :

-Eseban mon ami ! Où vas-tu ? connais-tu cet endroit ? Tu pourrais aller là-bas aujourd’hui !

Je sais que si j’y retourne dans 2 ans Wayan se souviendra de moi. Il m’écrit parfois des mails, me demandant comment je vais et il me dit que la prochaine fois que je viens il veut me présenter sa famille.

Évidemment, tous les gens ne sont pas comme Wayan, mais j’en ai rencontré beaucoup des gens comme lui, bien plus que des escrocs.

Quelques règles à observer pour une bonne négociation :

1. Avoir le sourire, être détendu, cool.

2. Avoir un peu de temps devant soi ( on est en vacances, en voyage quoi donc le temps on l’a !).

3. Ne pas porter la dernière OMEGA ou lunettes GUCCI dernier cris ( il ne vont rien lâcher car ils savent que tu as de l’argent !)

Mais surtout, s’intéresser aux gens, aux coutumes ! Parler comme eux, apprendre 2-3 mots de la langue locale (bonjour, merci, …).

Vous y gagnerez un peu d’argent, un bon moment et pourquoi pas une amitié ! Et comme le dit une célèbre marque : ça, ça n’a pas de prix !

Je n’imagine plus faire un voyage sans des moments comme celui-ci. Essayez, ça marche, il n’y a que du bon à prendre.

Vous n’êtes pas obligé de passer autant de temps que moi dans une négociation (surtout si c’est pour acheter un t-shirt « I LOVE BOMBAY »), mais n’hésitez pas à diviser le prix par 5 voir plus au début et essayer de prendre ce moment comme un jeu et non pas comme une contrainte. Même si parfois, je dois avouer, on n’a pas envie de négocier 😉

Bonne négociation à tous !

Big Up!

Esteban.

Partez aujourd’hui ! Pour savoir comment ne pas avoir de soucis avec l’argent lorsque vous voyagez, faites comme moi : lisez le livre de Jérémy !