10 souvenirs de voyages en Espagne que je n’oublierai jamais :

Nouveau : comment TOUT QUITTER et partir voyager (très) longtemps ? J'explique tout ici !

Mon premier voyage en Espagne remonte à 2012, une époque où ce blog n’existait pas encore. Depuis, j’y suis retourné un bon paquet de fois, et j’ai même été y vivre quelques mois, histoire d’apprendre la langue, de profiter du beau temps et de savourer la dolce vita à l’espagnole.

Dans cet article aux allures un peu nostalgiques, je voulais revenir avec vous sur mes plus beaux souvenirs d’Espagne, ou simplement sur les moments qui m’ont marqué lors de mes différents séjours sur place. J’espère que cela vous plaira et vous donnera, à votre tour, envie d’aller découvrir la terre de Rafael Nadal. Bonne lecture !

Mes 7 plus beaux souvenirs d’Espagne :

Si vous êtes un lecteur assidu de ce blog, vous savez que j’ai enchaîné les ennuis lors de mes différents voyage en Espagne. Je vais en parler aussi, à la fin de cet article, mais je voulais commencer par les bons souvenirs. Les voici.

A Grenade, quelques semaines seulement après mon installation en Espagne

> La réservation de mon premier billet d’avion pour l’Espagne

Ça va vous paraître bête, mais mon premier beau souvenir d’Espagne remonte à la réservation de mon tout premier billet d’avion pour ce pays. A l’époque, je n’avais évidemment jamais mis les pieds là-bas, et la seule limite sur ce que j’allais y trouver était fixée par mon imagination.

Je nous revois, avec une amie, trancher sur notre destination (on avait hésité avec Amsterdam, qu’on a visité l’année suivante), et imaginer ce qu’on allait pouvoir découvrir là-bas. J’étais super excité d’aller mettre les pieds à Barcelone, une ville que tout le monde semblait adorer, et qui, sur le papier, était le parfait mélange de tout ce que je recherche dans mes voyages : une ville au bord de mer, avec du soleil, un passé historique, et surtout qui ne soit pas la capitale du pays (j’ai vraiment du mal avec la mentalité des gens dans les grandes capitales – je sais, je fais une grosse généralité, tant pis).

D’ailleurs j’ai remarqué que l’un des grands plaisirs de voyager ne réside pas dans la visite de la destination, mais dans la projection mentale qu’on se fait du voyage.

> Ma rencontre avec mon coloc à Grenade

Quelques mois après ma visite de Barcelone, je décide de m’envoler à nouveau pour l’Espagne, mais je change de coin. Cette fois, direction l’Andalousie et la jolie petite ville de Grenade. Elle est moins connue et moins touristique que Séville, l’autre grande ville de la région.

L’Alhambra de Grenade, à quelques pas de la chambre que je loue…

Je suis arrivé par une belle journée d’automne. Le bus me dépose sur un boulevard proche de l’appartement où je vais habiter pour quelques mois. Les trottoirs sont défoncés et je perds une roulette de ma valise au bout de 50 mètres. Pas grave, il fait beau et chaud, je suis d’excellente humeur et j’ai hâte d’en découdre avec cette nouvelle destination. Je rencontre mon futur coloc devant la porte d’entrée de l’immeuble : un accueil chaleureux, une accolade à l’espagnole (qui me met un peu mal à l’aise sachant que j’arrive de Suède où les gens sont plus que distants physiquement). Santi, c’est son prénom, me souhaite la bienvenue, et m’embarque aussitôt manger des tapas et boire des bières dans son bistro préféré du quartier. On discute bien, on se marre bien, je suis aux anges : mon séjour en Espagne ne pouvait pas mieux commencer !

> Dormir à la belle étoile sur la plage de Marbella

Ce jour là, c’est mon pote Nico qui m’accompagnait dans les péripéties. On s’est retrouvé à Malaga avec l’idée de se faire un road trip à travers l’Andalousie, pour finir par quelques jours de répit chez moi, à Grenade. Évidemment, tout ne s’est pas passé comme prévu.

Malaga, point de départ de mon road trip en Andalousie, en 2012…

Il me faudrait un article complet pour détailler toutes les rencontres et tous les rebondissements de ce voyage, mais en deux mots, tout a commencé quand on a été pris dans une grève générale des transports dès le premier jour sur place. Pas de bus, pas de train, rien.

On se lance dans une entreprise périlleuse en Espagne : le stop. On n’avance pas très vite. A un moment, on monte dans la voiture de deux cougars en décapotable, botoxées et peinturlurées (les cougars, pas la décapotable). Elles nous déposent sur une sortie d’autoroute près de Marbella, où personne ne s’arrêtera ensuite pour nous aider à rallier notre destination finale, Gibraltar, où des Couchsurfeuses nous attendent. La nuit tombe et on finit par trouver un bar qui s’appelle la Malasuerte (la “Malchance”), dans le vieux Marbella. On boit des bières avec plein de gens exceptionnels jusqu’à la fermeture, puis on se décide à descendre vers la plage en espérant y trouver un endroit où dormir.

La dernière photo exploitable de cette soirée mémorable…

Vous allez me dire, le prix d’une location en Espagne n’est pas si élevé, surtout en Andalousie hors saison. C’est vrai, on aurait pu réserver un hébergement quelque part et éviter la nuit à la belle étoile. Mais je vais vous dire : j’adore ce genre de plans à la débrouille, où je dois repousser mes limites et vivre l’aventure à fond. Et j’adore aussi le challenge de faire le meilleur voyage possible en dépensant le moins possible. Bref, on se retrouve sur le sable, à utiliser nos sacs à dos comme oreillers. Je ne ferme pas vraiment l’oeil, j’ai un peu peur pour mes affaires (j’ai toujours mon ordi dans mon sac pour pouvoir bosser, c’est ça l’inconvénient d’être digital nomade), et surtout, plus la nuit avance plus le sable est froid, et plus j’ai le dos glacé.

On est fin octobre, il fait pourtant encore bon sur Marbella, la température est autour des 15 degrés même en pleine nuit, mais rien à faire, je suis gelé. Dès les premières lueurs de l’aube, on prend la direction de la gare routière où, miracle, la grève générale est terminée et le bus nous emmène à destination. L’histoire est loin d’être terminée, mais je m’arrête là sinon je vais écrire un roman complet. Tout ce road trip a été incroyable, haut en émotion, et reste vraiment comme la meilleure histoire et le meilleur souvenir de mes voyages en Espagne !

> Un moment de contemplation dans les montagnes de la Sierra Nevada

J’adore la nature. Mais bizarrement, au moment où cette petite scène s’est produite, je ne le savais pas encore vraiment, et je m’entêtais à vouloir visiter des villes.

Ce jour là, il fait beau et doux à Grenade. Je commence à bien connaître le centre ville et ses ruelles. Je décide donc d’aller explorer un autre coin, histoire d’avoir des choses nouvelles à me mettre sous les yeux. J’ai toujours aimé les points de vue, donc à chaque croisement je prends la route qui grimpe le plus, en me disant que je finirai bien par arriver quelque part où la vue vaut le coup d’oeil.

Je ne croyais pas si bien dire : je finis par sortir vraiment de la ville, et trouver quelques sentiers de randonnée. Je marche un peu et je tombe sur un espace dégagé avec une vue sur les monts de la Sierra Nevada au loin. Je suis subjugué par le paysage. Je m’allonge dans l’herbe et je savoure le moment jusqu’à en perdre la notion du temps. Quand je reprends conscience de la réalité, la journée tire sur sa fin, le soleil décline peu à peu et le ciel se teinte de rose, d’orange, de rouge. L’heure de rentrer.

La photo, prise avec mon vieux téléphone portable, ne rend vraiment pas hommage à la beauté des lieux…

Durant la suite de mon séjour à Grenade, je remonterai plusieurs fois dans ce petit coin de paradis, loin des bruits de la ville, où je n’ai jamais croisé personne. Un régal !

> Ma découverte de l’Andalousie avec ma petite soeur

L’année suivante, ma petite soeur obtient son diplôme dans le tourisme et a envie de fêter ça par un week-end en Espagne (voire un peu plus longtemps si possible). Elle ne connaît pas l’Andalousie, alors je lui propose de nous y rendre ensemble pour quelques jours de vacances sur la Costa del Sol, puis de se faire un tour d’Andalousie en passant notamment par Cadix et Séville, deux villes que j’ai ratées lors de mon précédent passage.

En journée, on explore les environs et le soir on se regarde la première saison de Homeland sur mon petit ordi portable en se réchauffant avec des soupes de légume (on est fin novembre et s’il fait encore bon en journée, les températures tombent dès que le soleil se couche… et notre logement n’est pas chauffé, argl !). A Séville, on déniche un bar à tapas délicieux pour vraiment pas cher (1€ la pièce !). On se fait péter le bidon en se remémorant des souvenirs de notre enfance. Des moments tout simples que j’ai adorés !

> Mon coup de coeur pour Séville

Séville, c’est ma ville préférée d’Espagne. Je le disais quelques lignes plus haut, j’ai fait sa connaissance en compagnie de ma petite soeur, en décembre 2013. Je tombe sous le charme de ses ruelles, de son animation, de ses recoins, de son ambiance. J’y retournerai dès l’hiver suivant avec l’envie de pousser encore plus à fond mes explorations de cette chouette destination. C’est aussi la ville que je recommande systématiquement à mes lecteurs pour découvrir l’Espagne autrement que via la visite de Barcelone.

> Me baigner à Malaga le 13 novembre 2012

Pendant longtemps, le 13 novembre était associé pour moi à un événement dont j’étais fier (bon c’est complètement con hein) : c’était la date la plus avancée dans l’année où j’avais réussi à me baigner.

Malgré la température de l’eau franchement fraiche (elle devait être à maxi 14 degrés), je voulais accomplir le challenge et chambrer mes potes en Normandie, où il est impossible de tremper le moindre orteil même en plein mois de juillet. Là, il était 14 heures, le soleil tapait fort, et je n’avais qu’une envie : piquer une tête. Ce que j’ai fait, sous le regard un peu halluciné des espagnols autour de moi (mais des retraités british faisait la même chose à 20 mètres de là, je ne pouvais pas ne pas y aller aussi !). Bref, ça n’est peut-être pas grand chose pour vous, et cette anecdote n’est probablement pas la plus originale que vous trouverez sur ce blog, mais je garde un chouette souvenir de cette journée.

A ce moment là, j’hésitais encore à me jeter à l’eau…

Mes 3 pires souvenirs d’Espagne :

Je n’ai pas que des bons souvenirs d’Espagne, loin de là. En fait, en rédigeant cet article, je me rends compte que l’Espagne est sûrement le pays qui m’a apporté le plus de contraste dans mes voyages : des grandes joies, des kiffs extraordinaires, mais également des immenses peines, des moments de stress, de colère, d’incompréhension. Bref, dans la suite de cet article, voici quelques uns de mes pires souvenirs d’Espagne.

> M’être fait virer de mon appart’ quelques jours avant Noël

Ca, je l’ai déjà raconté dans un article publié sur ce blog le lendemain des faits. Je pense qu’on peut encore y sentir mon amertume et ma rancoeur.

Avec le recul, je trouve ça plutôt marrant en fait, et assez révélateur du mode de vie à l’espagnole, où tout est quand même vraiment fait à l’arrache, en dernière minute, peu importe de quoi il s’agit. Aussi, je me dis que si cette mésaventure ne m’était pas arrivée, je ne serais pas parti en Hongrie par la suite, pour enchaîner par la découverte de ce coin du monde que j’adore et où j’ai passé deux ans de ma vie ensuite : l’Europe de l’Est. Bref, le temps apporte pas mal de recul sur les choses, et finalement je ne suis pas mécontent d’avoir été obligé de quitter l’Espagne plus tôt que prévu pour partir à Budapest.

> Mon agression sur le rocher de Gibraltar

Quelques minutes avant…

Plus haut dans cet article, je vous parlais de mon road trip en Andalousie avec mon pote Nico, de notre tentative de traverser la région en stop, et de notre nuit à l’arrache sur la plage de Marbella. Bon, et bien le lendemain de ça, alors qu’on n’avait toujours pas posé notre sac ni rencontré nos hôtes, je me faisais agresser sur le rocher de Gibraltar, par un espagnol qui avait visiblement décidé de passer ses nerfs sur le premier touriste qu’il croiserait.

Le mec était persuadé que je m’étais amusé à lui bloquer le passage, alors que je n’avais simplement pas entendu sa voiture arriver dans mon dos. Il s’est arrêté, est sorti de sa voiture en furie, s’est jeté sur moi pour me projeter en arrière en gueulant des trucs en espagnol (sur le moment je vous avoue que j’ai pas vraiment compris ce qu’il disait). Avec le poids de mon sac de backpacker, je me suis cassé la gueule assez lourdement et j’ai grave galéré à me relever (j’étais un peu comme une tortue sur le dos, quoi). Heureusement, les deux autres personnes présentes ici, Nico et le passager de la voiture, se sont interposées. Le mec est reparti aussi vite qu’il est venu, et j’ai pu continuer ma visite sans autre problème.

J’ai appris plus tard que la ville voisine de Gibraltar côté espagnol, La Linea de la Concepcion, était réputée pour être assez craignos, avec des querelles de bandes sur fond de trafic de drogues (beaucoup de saloperies transitent par Gibraltar visiblement). L’année suivante, sortait un film avec Gilles Lellouche sobrement intitulé Gibraltar, qui plantait assez le décor du truc. Bref, vous voilà prévenus si vous décidez d’aller dans ce coin là.

> Mon séjour catastrophique sur la Costa del Sol

La plage de Calahonda, l’espèce de station balnéaire où je suis resté…

Il me faudrait un article complet pour vous raconter toutes les péripéties de ce voyage. Ça a commencé par une nuit blanche à l’aéroport de Malaga (j’étais arrivé trop tard pour attraper la dernière navette vers la ville), et ça s’est terminé par un retour en urgence en France pour des raisons familiales. Entre temps, j’ai eu le temps de m’embrouiller avec un chauffeur de bus qui faisait semblant de ne pas comprendre ce que je lui demandais et me faire arnaquer par un restaurateur qui m’a vendu un hamburger sans pain ! (juste un steak tout gras et quasi cru, immangeable), et pas mal d’autres petits enquiquinements (du genre des cafards qui se baladaient autour de mon assiette dans un petit resto aux allures pourtant mignonnes).

C’est lors de ce voyage que je me suis dit que les endroits trop touristiques, c’était vraiment terminé pour moi. Depuis, je me débrouille toujours pour partir dans des endroits paumés où personne ne met les pieds (notamment en Europe de l’Est : le fin fond de la Roumanie, de la Lituanie, ou de la Serbie par exemple, des destinations où les gens ne sont pas encore pervertis par le tourisme de masse).

J’ai encore beaucoup de souvenirs d’Espagne à vous raconter

Je ne sais pas combien de temps précisément j’ai passé en Espagne en cumulant l’ensemble de mes séjours, mais ça doit commencer à être assez long, mine de rien. Et vous vous en doutez, au bout de tout ce temps, j’ai accumulé un petit paquet de souvenirs. Je ne peux évidemment pas tous les consigner dans cet article, sinon il se transformerait en roman, mais j’espère que ceux que j’ai sélectionnés vous ont fait sourire, vous ont rappelé vos propres voyages, ou vous ont donné envie de partir découvrir ce pays.

Merci de m’avoir lu jusqu’ici. Ne partez pas sans lire mon histoire qui se trouve ici (j’y explique comment j’ai tout quitté pour m’offrir une vie de voyages).

A bientôt !

Jérémy.