Mes 8 plus belles randonnées effectuées pendant mes voyages

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Lors de mes premiers voyages, j’aimais marcher pendant des heures au milieu des grandes villes, me perdre dans les différents quartiers et découvrir les coins les moins touristiques au hasard de mes flâneries. Mais les années passant, j’ai fini par me lasser de mes randonnées urbaines et j’ai commencé à avoir envie de découvrir la nature et les paysages des pays que je visitais.

Dans cet article, je vous partage mes randonnées « coups de cœur » lors de mes différents voyages à l’étranger, en espérant que ça vous inspire pour vos futures expéditions. Bonne lecture !

Note : Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens juste à faire une petite précision sur mon niveau de randonneur afin d’éviter des frustrations ou des déceptions chez le lecteur, car la notion de difficulté d’une randonnée varie énormément d’une personne à l’autre. Soyons donc clair : je ne suis pas quelqu’un de très sportif, mon activité physique se résume à des sorties à vélo hebdomadaires et un peu de marche tranquille de temps en temps. Je ne suis donc pas un athlète, loin de là. Généralement je n’ai pas trop de mal à faire une rando de 600 mètres de dénivelé, mais au-delà de ça je commence à suer sérieusement, voire à ne pas me lancer dans le défi. Gardez cela en tête quand je juge une rando « difficile », « moyenne » ou « facile », afin de pouvoir adapter mon commentaire à votre propre niveau. Voilà, passons maintenant à ces randos que j’ai beaucoup aimées lors de mes voyages.

> La découverte du Preikestolen, en Norvège

Ce jour là, je rends visite à ma sœur expatriée dans la petite ville de Stavanger, sur la côte sud-ouest de la Norvège. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je suis venu en pur touriste, juste pour lui faire un petit coucou car ça fait une éternité qu’on ne s’est pas vus. La ville est plutôt mignonne, avec un centre historique aux maisons d’un blanc éclatant, me faisant davantage penser à l’Espagne qu’à la Scandinavie. Ma sœur, qui adore la randonnée (elle part régulièrement dans des treks autonomes de plusieurs jours), me propose une excursion à un endroit appelé Preikestolen, ou en anglais « the pulpit rock », un point de vue incroyable qui domine l’ensemble du Lysefjord, l’un des fjords les plus photographiés de Norvège.

N’étant pas équipé pour le périple, j’emprunte les chaussures de rando de son copain (qui, par chance, fait la même pointure que moi), et on se lance dans la grimpette. Le chemin en lui-même n’est pas folichon : on marche longtemps dans une zone où la visibilité est assez faible, et certaines parties du parcours ressemblent davantage à des escaliers qu’à de la marche (il s’agit d’énormes blocs déposés là par des sherpas népalais !), rendant la marche peu agréable. Mais arrivé en haut, je prends une claque fantastique : on déboule soudain sur une sorte de plateforme qui culmine à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec une vue extraordinaire sur les méandres du fjord et les neiges éternelles à l’horizon. Sublime.

Attention si vous avez le vertige, certains passages à la toute fin de la rando sont vraiment impressionnants, et l’à-pic où se trouve la « plateforme » d’observation est juste vertigineux (dire que certains osent s’asseoir là, les jambes dans le vide, j’en ai des frissons d’angoisse…).

Pratique :

distance : 8 km aller-retour
dénivelé : un peu plus de 500m
temps estimé : 4h aller-retour
difficulté : moyenne
ville qui sert de point de chute : Stavanger, Norvège.

> Le GR 221 qui traverse Majorque

Après le premier confinement de 2020, quand on a pu recommencer à voyager, j’ai pris la direction de Majorque afin de faire le plein en soleil, en eau turquoise, en air pur et en nature grandiose. J’ai pu parcourir ainsi une bonne partie du chemin de grande randonnée qui traverse l’île de Majorque (le GR 221). Certaines parties sont absolument merveilleuses et permettent de découvrir des petits villages hors du temps (Deia et Valdemossa notamment, pour lesquels j’ai eu deux vrais coups de cœur). Certaines étapes nous emmènent au bord de l’eau ou sur les « balcons » de l’île, et d’autres nous font nous engouffrer dans les terres, à l’ombre d’une végétation méditerranéenne dense et parfumée, sous le regard étonné des chèvres sauvages qui peuplent les zones les plus retirées de l’île. Un vrai régal.

J’ai trouvé l’ensemble du parcours globalement facile, donc si vous êtes un sportif chevronné, qui a l’habitude de faire des courses de trail magnifiques, vous allez peut-être avoir envie de « doubler » les étapes prévues par défaut (plutôt courtes : 7-8 km en général). N’hésitez pas, c’est faisable sans problème. Et si vous avez envie de rendre le défi plus difficile encore, vous pouvez le faire en courant car il existe un trail qui suit une partie du parcours : la Tramuntana Travessa.

Au niveau pratique, sachez qu’il est possible de parcourir l’intégralité du sentier de randonnée en faisant étapes chaque soir dans les villages traversés, mais vous pouvez aussi revenir à un point de chute fixe après votre étape du jour grâce au réseau de bus de l’île qui est extrêmement bien foutu (c’est ce que je faisais). Parfait pour ceux qui n’ont pas envie de transporter tout leur attirail et se contenter d’un sac à dos léger avec de l’eau et des biscuits pour tenir la journée.

> Le parc national du Connemara en Irlande

Continuons ce tour d’horizon des randos que j’ai faites lors de mes voyages, et allons voir du côté de l’Irlande. Cette fois, c’est une promenade relativement facile et accessible à tous pour laquelle je vous propose d’embarquer. Il s’agit de grimper au « sommet » de la petite colline qui domine le parc national du Connemara. Alors, pour être précis il y a trois sentiers possibles, un facile, un moyen et un difficile, et seul ce dernier permet d’aller réellement jusqu’au sommet. Mais même celui-là est plutôt accessible, malgré quelques passages escarpés et raides. Pour les deux premiers, c’est vraiment de la balade tranquille et vous pouvez vous contenter d’être chaussé de baskets, en revanche pour le sentier « difficile » je vous conseille d’avoir de bonnes chaussures de randonnée car certains passages se font dans de la caillasse où il est facile de glisser.

En terme de paysages, vous en prenez plein les yeux dès le début (ce qui permet de se contenter des circuits faciles), mais plus vous grimpez, plus l’horizon s’élargit et plus les paysages ocres et bleus du Connemara se dévoilent dans toute leur majesté. Arrivé en haut, vous découvrez à 360 degrés un paysage que vous n’êtes pas près d’oublier, avec la péninsule de Renvyle devant vous, les collines décharnées battues par les vents derrière, et ce décor de désolation propre à l’Irlande partout où vos yeux se posent. Bonus : la plupart des gens ne prennent pas le temps de se rendre jusqu’au sommet, ce qui permet de savourer le paysage en toute quiétude.

Pratique :

distance : 6,7 km (boucle)
dénivelé : environ 500m
temps estimé : 3 heures
difficulté subjective : moyenne
ville qui sert de point de chute : Letterfrack, Irlande

> La montée vers Koruldi Lakes en Géorgie

Une des randonnées les plus difficiles que j’ai effectuée ces dernières années, c’est en Géorgie, lors de la montée vers les Koruldi Lakes, au départ de la petite ville de Mestia, au cœur de la Svanétie, une des plus belles régions du pays. Le début de la rando se fait sur une pente incroyablement raide, dans de la caillasse qui se dérobe systématiquement sous mes pas. Mes mollets chauffent sérieusement et j’ai une envie terrible de renoncer. Mais je m’accroche, et je suis très heureux de l’avoir fait car le spectacle à l’arrivée est grandiose : des lacs paisibles, où se reflètent les monts du Caucase aux sommets enneigés, à 360 degrés. Un décor féerique où j’ai adoré me poser un long moment pour profiter de la sérénité des lieux.

Seule ombre au tableau de cette rando que j’ai trouvé vraiment difficile, c’est qu’il est possible d’arriver jusqu’aux lacs en jeep. Dans l’absolu, ça ne me dérange pas, mais voir débarquer des gars sapés en jean-baskets avec la musique à fond, les mains dans les poches, qui te regardent suer à grosse goutte avec un air amusé, qui prennent trois photos et qui repartent, pendant que toi t’as souffert pendant 3h30 pour savourer la vue… Comment dire… !

Pratique :

– distance : 7,8km aller simple (faites le retour par la voie des jeeps, c’est moins dangereux)
– dénivelé : 1300m environ
– temps estimé : 6h30 aller-retour
– difficulté subjective : difficile
– ville qui sert de point de chute : Mestia, Géorgie

> Explorer l’île de Krk, en Croatie

Lorsque j’habitais en Croatie, j’en ai profité pour faire de la randonnée dans un maximum d’endroits, et je me suis régalé des paysages sauvages de ce beau pays. Une des randos qui m’a le plus marqué, conseillée par un expat français qui fait régulièrement des ultra-trails en Europe mais qui m’a assuré que ce parcours était vraiment facile, c’est celle qui part du village de Baška, à l’extrémité est de l’île de Krk (île reliée au continent par un pont, donc très facile d’accès), en direction du point de vue de Bag.

Au niveau pratique, tout est fait pour que cette rando reste un bijou méconnu de la Croatie : aucun panneau n’indique la rando depuis le village, et une fois en chemin le marquage est plus qu’approximatif, pour ne pas dire inexistant par moment. C’est assez déconcertant, car quand on a l’habitude de randonner en France tout est parfaitement balisé. Pourtant, ça vaut le coup de s’accrocher et de sortir le GPS du téléphone régulièrement (je vous conseille l’appli Mapy.cz à ce sujet).

Après avoir longtemps marché au bord de la mer, le sentier prend de la hauteur avant de pénétrer dans la pinède, où on croise là encore des chèvres sauvages et des moutons. Un peu plus loin, il devient extrêmement raide : c’est une véritable escalade qu’il faut effectuer pour arriver sur une sorte de plateau lunaire, dans une caillasse d’un blanc étincelant, avec une vue extraordinaire sur les îles des environs et notamment sur celle de Prvić et sa petite maison isolée. Un endroit magique, probablement un des plus beaux spots que j’ai vu en Croatie (et ce n’est pas peu dire, car il y a du choix avec le parc national de Plitvice, celui de Krka, etc…).

Pratique :

– distance : 3,1km aller simple
– dénivelé : 230m
– temps estimé : 2h aller retour
– difficulté subjective : facile
– ville qui sert de point de chute : Baška, Croatie

> Le Old Man Of Storr en Ecosse

J’ai été un peu déçu par l’Écosse car je pensais qu’il y avait beaucoup plus de sentiers que ce que j’y ai trouvé. En fait, il y a bien quelques parcours officiels (notamment le Scottish National Trail) mais en dehors de ça, très peu de chemins communaux ou ruraux sur lesquels s’aventurer comme on peut le faire en France. En revanche, quand il y a des randos à faire, les écossais n’y vont pas de main morte. Ma préférée, c’est celle du Old Man of Storr, sur l’île de Skye. Un vrai régal avec ses pitons rocheux aux formes étranges, ses minuscules lacs (à peine des étangs en réalité) et ses moutons qui déambulent nonchalamment au milieu des grimpeurs. Ah, et accessoirement, la vue depuis le sommet est à couper le souffle : on voit bien sûr une bonne partie de l’île de Skye, mais également les lochs des environs, et une bonne partie des Highlands « continentales » (enfin, l’île principale du Royaume-Uni, quoi).

En plus, la rando du Old Man of Storr est plutôt facile d’accès pour les sportifs peu aguerris : en moins d’une heure, d’un pas tranquille, j’avais parcouru l’intégralité du sentier (mais certains passages sont assez raides). Seul vrai enquiquinement : les midges, sorte de petits moustiques qui te dévorent la peau si tu as le malheur d’en laisser un centimètre carré à l’air libre. Donc mon conseil pour cette rando, en dehors de porter des bonnes chaussures, c’est : couvrez-vous de la tête aux pieds. Sinon, clairement, ça peut gâcher le plaisir.

Pratique :

dénivelé : 330m
temps estimé : 2h aller retour
distance : environ 3km aller retour
difficulté subjective : plutôt facile
ville qui sert de point de chute : Portree, Écosse

> Les Hautes-Tatras de Slovaquie

 

Lorsque je suis allé en Slovaquie, j’avais en tête de visiter Bratislava et de terminer mon séjour par un concert d’un de mes groupes préférés (Pain of Salvation en l’occurrence). Mais Bratislava est une toute petite capitale et, quand j’ai commencé à tourner en rond, j’ai eu envie d’aller voir les monts du Tatras qui bordent la Slovaquie au nord, à la frontière polonaise. J’ai jeté mon dévolu sur la petite station de Stary Smokovec, sur la commune de Visoke Tatry. A partir de là, 600 km de sentiers de randonnée s’offrent aux visiteurs, passant par des lacs de haute montagne (c’est relatif, on n’est pas dans les Alpes non plus, les plus hauts sommets sont autour des 2300m) aux eaux turquoises, et laissant découvrir des paysages que l’on ne soupçonne pas dans cette partie de l’Europe.

Au niveau pratique, je vous conseille de commencer votre balade au refuge de Sliezsky Dom (on peut y aller à pied depuis la station, mais en voiture/taxi vous économisez des forces et gagnez énormément de temps pour savourer la « vraie » rando) en direction d’un des plus hauts sommets des Tatras slovaques : Polsky Hreben. Attention si vous faites comme moi et que vous venez légèrement hors saison (septembre en l’occurrence) : malgré l’absence de décalage horaire, la nuit tombe beaucoup plus tôt qu’en France dans cette partie d’Europe (on est loin à l’est), et je me suis fait surprendre bêtement par la pénombre naissant beaucoup plus tôt que ce que j’avais anticipé, me forçant à faire la descente à grandes enjambées pour éviter de finir dans le noir. Bon, vous serez sûrement plus malin que moi et vous y aurez pensé de vous-même, mais je préfère le dire ici au cas où.

En tout cas, la Slovaquie et ses Tatras sont une vraie belle surprise pour moi. Je reviendrai y randonner avec plaisir en y passant plus de temps, c’est certain.

Infos pratiques pour la rando Sliezsky Dom – Polsky Hreben :

dénivelé : 530m
temps estimé : 3h30 aller retour
distance : environ 6km aller retour
difficulté subjective : moyenne
ville qui sert de point de chute : Stary Smokovec, Slovaquie.

> Le désert du Néguev en Israël

Je termine cette sélection par un ensemble de randonnées qui m’a marqué surtout pour son caractère original : elles ont eu lieu dans le désert. Moi qui avait plutôt l’habitude des sapins, des sommets enneigés et des lacs aux eaux translucides, me voilà dans un environnement aride, au sol uniformément ocre, sans la moindre trace de végétation, et au ciel d’un bleu clair éblouissant. Mais quel dépaysement, et quelle sensation grisante de marcher dans ce genre de décor lunaire, sur l’Israël National Trail, dans le désert du Néguev.

Rien de très difficile en terme de dénivelé, c’est plutôt le repérage et l’orientation qui peuvent poser des difficultés ici, car évidemment il n’y a pas de végétation pour marquer le sentier, ni même de sentier à proprement parler. Il faut repérer tous les cinquante mètres la balise suivante sur une petite pierre au sol, c’est un vrai jeu de piste. Ça demande une concentration toute différente des randos de haute montagne, car là le plus dur c’est de rester focus sur le fait de ne pas rater la balise suivante, car une fois égaré, bon courage pour retrouver son chemin. Je vous invite à lire mes articles sur le désert du Néguev pour en savoir plus sur les possibilités de randonnée dans ce coin là, si ça vous intéresse.

Voilà pour mes randos préférées de mes derniers voyages

On arrive à la fin de cette petite sélection de mes randonnées préférées effectuées lors de mes voyages. J’espère qu’elles vous donneront des idées et des envies. N’hésitez pas à me dire si vous en testez certaines !

Pensez à aimer et partager cet article s’il vous a plu, ça fait toujours plaisir et ça m’encourage à continuer mes publications.

Bonne rando à tous, et bons voyages !

Jérémy