Roadcalls a 10 ans !

Nouveau : mon livre "Changer de vie : comment j'ai décidé de tout plaquer pour découvrir le monde" vient de sortir aux Editions Larousse. Découvrez-le ici.

Roadcalls a 10 ans !

Il y a dix ans, jour pour jour au moment où j’écris ces lignes, je publiais mon tout premier récit de voyage sur Roadcalls. J’étais loin, mais alors vraiment très loin d’imaginer où ça me mènerait. A la base, je voulais juste créer un petit blog personnel pour avoir un seul et unique endroit où consigner mes carnets de voyage suédois, mes découvertes, les anecdotes de mon quotidien, mes rencontres.

Je me revois, installé à mon bureau dans le petit studio que je louais à Göteborg, près du stade Ullevi, le casque sur les oreilles, à coucher sur papier les anecdotes quasi-banales de mon quotidien. Mes premiers articles, du genre « Une histoire de viking et de parapluie » ou « Une histoire de tram en panne et de flegme à la suédoise » sont destinés à être lus par mes proches, ma famille, mes amis. Rien de plus.

Au fil des mois, mes récits commencent à toucher des inconnus qui ont envie d’aventure : une centaine de personnes me lisent quotidiennement. Et puis un matin, alors que j’habite en Espagne, je reçois une proposition publicitaire. Puis une autre, et une autre encore. Je finis par me dire qu’il y a probablement quelque chose à faire et je commence à professionnaliser ce petit blog personnel, presque intime, avec une ambition simple : qu’il subventionne entièrement ma -modeste- vie de voyage.

Moi à Göteborg à l’été 2012, au bord du lac Stora Delsjön.

En 2013, à mon retour de Lituanie, je publie un premier ebook pour aider les gens désirant travailler en voyageant à franchir le pas (il est toujours disponible, d’ailleurs). 2454 exemplaires ont été vendus à ce jour, j’en suis franchement fier car je n’ai pas fait particulièrement de promotion, et l’exercice n’était pas si simple.

En 2014, depuis un Starbucks de Québec, je mets en ligne un second ebook pour aider les gens à faire leur valise (avec des checklists à imprimer et à cocher). Lui, en revanche, fait un four complet : 96 exemplaires vendus seulement, mais je suis tout aussi fier des nombreux conseils pour voyager léger, organiser son sac, etc, qu’il contient.

En 2015, j’amorce discrètement un grand virage éditorial : j’arrête de publier mes anecdotes personnelles pour écrire, plutôt, des guides pratiques sur les destinations que je traverse. Je continue d’y distiller des observations et des avis personnels, bien sûr, car c’est ce qui différencie un blog d’un guide comme le Routard, mais je commence à me mettre un peu en retrait : 99,99% de mes lecteurs sont désormais de parfaits inconnus, et je ne peux pas continuer d’écrire comme si seuls mes potes me lisaient. Aussi, mes articles qui comptaient autrefois seulement 400-500 mots, en dénombrent maintenant plus de 5000 en moyenne, soit l’équivalent de 50 pages d’un livre de poche. Je deviens, au sens propre, une vraie machine à écrire. Ça tombe bien : j’adore ça.

En 2016, je m’installe en Croatie avec ma compagne, et je me spécialise de fait dans la publication de guides touristiques dédiés à ce pays : Zagreb, les lacs de Plitvice, Split, Dubrovnik, … la quasi totalité des points d’intérêt touristique majeurs de Croatie est passée au crible dans des articles ultra-détaillés (je flirte désormais avec les 8000 mots !). En quelques mois, Roadcalls devient une référence sur le pays, même si je suis loin d’avoir tout couvert à ce jour.

Rovinj, une des plus jolies petites villes de Croatie…

De 2016 à février 2020, je coule des jours heureux avec ma routine d’écriture quotidienne digne d’un forcené (je me fais même des tendinites aux poignets à force d’écrire comme une brute du matin au soir). Mais je suis heureux : entre 1500 et 3000 personnes me lisent chaque jour en moyenne (un peu plus à la belle saison, un poil moins l’hiver) et je reçois quotidiennement des messages de remerciement pour mes guides, ce qui me motive à continuer d’en publier toujours davantage.

En mars 2020, le covid arrête tout. Les visiteurs désertent mon site du jour au lendemain et les revenus publicitaires tombent à zéro. Roadcalls va-t-il s’en remettre ? Je ne trouve plus le sommeil. Je continue d’alimenter mon bébé comme si de rien n’était, avec du contenu sur ma région natale (où je suis revenu vivre en 2018), mais le cœur n’y est pas, rongé par l’angoisse de devoir, contraint et forcé, clore mon activité si la situation n’évoluait pas rapidement positivement.

En octobre 2020, 8 ans après la surprise de découvrir une offre publicitaire dans ma boîte mail, je me réveille cette fois avec un message d’une éditrice de Larousse qui me propose d’écrire un livre. Je crois rêver, mais quelques coups de téléphone plus tard me confirment que le projet est sérieux. Je signe mon contrat avec la maison d’édition le 15 décembre 2020, et je termine l’année la plus éprouvante de ma vie professionnelle avec un grand sourire : je vais devenir officiellement écrivain, mon rêve d’enfance (celui de devenir joueur de foot professionnel ne compte pas vraiment, hein).

J’attaque 2021 la tête dans les souvenirs, le nez dans les photos de mes premiers voyages, à la recherche d’inspiration pour mon livre, avec du black metal dans les oreilles pour m’aider à me couper du monde. J’oublie que Roadcalls est toujours à l’arrêt pour cause de confinement / couvre-feu / Nième vague de contamination, et je me plonge à corps perdu dans la rédaction des 280 pages de mon livre. Et puis le 25 août 2021, « Changer de vie – comment j’ai décidé de tout plaquer pour découvrir le monde » sort officiellement dans toutes les bonnes librairies du pays. Je n’en crois pas mes yeux quand mes amis m’envoient, d’ici ou de là, des photos de mon bouquin dans les rayons « récits de voyage » d’enseignes célèbres, aux côtés de grands auteurs que je lis depuis des années. Je vois de la fierté dans les yeux de mes proches, notamment chez certains que j’ai épuisés en innombrables relectures (merci, merci de votre soutien !), et je comprends, quand même, que mon petit blog personnel a sacrément évolué.

Mon livre est à la Fnac !

En dédicace dans ma ville natale.

2022 est là, j’ai réussi à traverser la tempête du covid, mais j’ai très peu publié sur le blog depuis deux ans. Ça n’a pas empêché Roadcalls de continuer de grandir avec l’accumulation des articles publiés au fil des ans : entre 8 000 et 10 000 personnes me lisent quotidiennement en ce moment. 3,3 millions de visiteurs différents sont passés sur mes articles depuis les débuts de Roadcalls. Certains d’entre eux prennent tous les jours le temps de m’écrire pour me remercier, et je prends toujours autant de plaisir à découvrir leurs messages, même si j’ai du mal à répondre à tout le monde (je mets parfois du temps, mais je le fais).

Et puis, ce matin, je réalise qu’on est le 8 août 2022, et qu’il s’est passé 10 ans depuis mon premier article dans mon studio à Göteborg. Roadcalls est presque un dinosaure à l’échelle du web : le design n’a pas évolué depuis la création (et c’est pas près d’arriver), je n’ai pas de compte Instagram (enfin si mais je ne l’alimente jamais), et les jeunes qui rêvent de partir en voyage me vouvoient désormais dans leurs messages. Je ne sais pas où le temps est parti, mais je vous assure qu’il a filé à une vitesse délirante. Surtout ces deux dernières années. Quant aux dix ans à venir, bien malin qui pourrait dire ce qui m’attend, et je ne vais pas, ici, annoncer de projet ou d’objectif quelconque, même si j’ai bien deux-trois idées en tête. En tout cas, pour le moment, je vais juste vous promettre d’essayer de continuer de publier le plus régulièrement possible des guides sur les destinations où je me rends, et vous donner des nouvelles une fois de temps en temps sur Facebook ou dans la newsletter du blog. Car, et c’est bien là l’essentiel, je prends toujours autant de plaisir à le faire.

Je termine ce long message par un grand, un immense merci à vous, chers lecteurs. Que vous me lisiez depuis les débuts (je sais qu’il y en a), ou que vous m’ayez découvert ce matin (il y en a aussi, même davantage), je vous remercie du fond du cœur. C’est cliché, je sais, mais sans vous beaucoup de choses que j’ai vécues au cours de ces 10 ans auraient été purement et simplement impossibles. Et pour ça, je ne vous remercierai jamais assez.

Allez, je m’arrête là avant que ça ne tourne au larmoyant. Bon anniversaire Roadcalls, et à bientôt pour le prochain article.

Jérémy.